‹ Le brasseur roi;Chapitre 17 sur 141 · CHAPITRE I. 3i · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. 3i

héros avec le dévouement d'une mère. La Bretagne, qui l'a vue dormir sur la bruyère dans le manteau de iaine du pâtre et sur l'armure du soldat , n'a jamais ouï d'elle une plainte. Les fatigues la délassaient. Elle a grandi dans les tempêtes ; elle a fait du malheur la gloire ; et pourtant , femme aux blonds cheveux , roseau plié du moindre vent, on l'eût dit faible comme moi (i). »

Une larme de regret a coulé de ses beaux yeux bleus à demi voilés par la souffrance. Urbin a paru attendri.

k — Je devrais être à Gand , se dit-il ; INéolie m'appelle peut-être »

Il s'avance vers Marguerite.

« — Vous êtes souffrante , accablée : me voici ; disposez de moi. Je ne me serais point armé pour la puissante princesse , je me fe-

(i) Hist. de Bretagne, Daru.

d-i LE BRASSEUR ROI.

rais tuer pour la pauvre proscrite. Vous êtes faible, vous pleurez : pardon de mes premières paroles ; j'en ai honte , je les rétracte. Me voulez-vous pour guide? Partons.

» — Partons ! a répété Marguerite. Mais quel bruit entends-je !.... Ecoutons.

» — ■ C'est le vent qui siffle avec violence, répond Wenemare d'un ton calme. La pluie bat contre les croisées. C'est une nuit horrible, madame. »

La fille du duc de Brabant a joint ses mains d'un air consterné. Ses dents claquaient de froid et de peur.

m — Oh oui ! horrible ! reprend - elle ; j'entends encore les clameurs de Gand. La Flandre est frappée d'anathême. Il y a partout d'affreux présages. Deux comètes brillent au ciel (-1).

(i) Kron. Van Vlaend. — Oudegherst,t. 2. — Hist. de Flandre. — Hist. gên. de Belgique.

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