CHAPITRE II
un levain de discorde , un désir de bouleversement, fermentaient parmi les classes commerçantes, la haute bourgeoisie, les artisans et les ouvriers. Les liabitans des campagnes étaient pour le prince et la noblesse ; les liabitans des villes étaient pour les révolutions et le désordre. Les premiers, qu'on avait surnommés lénianen (1) , s'honoraient du haut protectorat de la France qui soutenait le pouvoir légitime; les seconds appelaient la domination de l'Angleterre, qui, en toute occasion, se déclarait le patron des révoltes (2).
Les Français, par l'entremise de leur roi,
(i) Lénianen voulait dire partisans des lis. f^oy. Meyeri, Ann. Fland., fol. 85. — 0\idegliers\:,J/niales de Flandre.
(2) Rymer, t. 1. — Excellente onde hronyhe. — tllst. de Flandre. — Hist. de Belgique. — Froissanl. — Mézcrai. — Lcvcsquc, la France sous les Falois, t. 1, p. /|34 et suiv.
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avaient fait donner à la capitale flamande une charte qui lui concédait une foule de droits et de libertés (i); les Anglais, au contraire , entrés jadis en maîtres à Gand , n'y avaient porté que l'incendie et le pillage (â). Inutile comparaison! Le dévouement et l'admiration des missionnaires de l'indépendance appartenaient de droit au peuple ^ qui, se complaisant au désordre, fraternisait avec les traîtres.
L'histoire des révoltes d'un pays est presque toujours celle de sa dégradation. La Flandre, en ses divers soulèvemens ., avait été déjà mise à feu et à sang par plusieurs grands chefs de rebelles. Le tisserand Pierre
(i) Kron. Van Vlaend, t. i. — Oudegherst, Ann. de Flandre, t. 2, p. 196. — Hist. de Flandre, t. 1 ,
(2) Meyeri, Ann. Fland., fol. 8G. — Ouclcgherst, ch. i36, p. 288.