CHAPITRE II
La noblesse de son origine eût été un obstacle à ses projets de renversemens et à la popularité qu'il ambitionnait si le perfide, ayant médité pendant de longues années son vaste plan d'insurrection , n'eût su jouer à la fois, à son profit, la noblesse et les basses classes, les princes et la bourgeoisie. Il avait donc jeté de côté ses titres féodaux pour s'emparer de l'esprit du vulgaire, et s'était fait peuple au sein du peuple (/1). Affectant la simplicité patriarchale et la bonhomie bourgeoise des vieux marchands de la Cité, il avait pris l'état de brasseur (â)j et sa maison, devenue le
niques de Flandre , Oudegherst. — Spicileg., t. 2, p. 788, et les auteurs déjà cités.
(1) Jean Petit , t. 1. — Klieit, Hist. comitaius Holland. — Mézerai, t. 1. — Levesque , la France sous les Valois , t. 1 , p. 433. — Daniel, t. 5 , in-4« — Gand sous Arlevelle > par Auguste Voisin, p. 19.
(2) Edouard d'Angleterre, pour se populariser en
rendez- vous de tous les ennemis de l'autorité légitime, était le foyer menaçant d'où devait partir, à l'improviste, l'incendie révolutionnaire.
Van Artevelle, astucieux et avare, n'avait ni grandeur d'âme ni génie; mais il savait arriver peu à peu par les déceptions et la persévérance où d'autres ne parviennent ordinairement que par la vaillance et l'audace. Son esprit prenait avec habileté la souplesse des circonstances. Nul n'était plus prodigue de démonstrations citoyennes, lorsqu'il y avait un gain présumable h l'étreinte patriotique ; il ne rougissait d'aucune bassesse pourvu qu'elle lui tournât à
Fiandre employa un moyen semblable. <• On ne regarde point en Flandre les Arlevelle comme descendant d'un brasseur, dit le père Daniel; il y est prouvé niontcstablement qu Àricvelle (lait de la plus haute naissance.* — Ilisl. de France , îiWj , (. 5, p. 3r3.