‹ Le brasseur roi;Chapitre 23 sur 141 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

venu d'appeler X affranchissement du pays. Àrtevelle a déchaîné les passions populaires : sera-t-il maintenant assez fort pour les dominer? Il a divinisé la destruction : pourrat -il désormais arrêter la hache des destructeurs? Le temps résoudra la question ; mais, hélas ! il faudra à la nation , dégradée par l'usurpation, bien des leçons inconnues , et bien des expiations mystérieuses avant de revenir au bonheur , en rentrant dans les saintes voies de l'honneur et de la justice.

Une maison de simple apparence s'élevait à l'écart près d'une des portes de Ridervode. Là demeurait un ancien marchand de laines nommé Hamstède. Cet homme, d'une probité équivoque, et d'une ambition effrénée, avait perdu, à son amour pour les commotions politiques, la fortune que lui

avaient laissée ses pères. Il avait compromis, en outre, les biens d'une jeune orpheline dont il s'était fait nommer le tuteur. Cette orpheline était sa nièce.

Néolie, paisiblement assise auprès d'une des croisées de sa demeure , écoutait , sans y prêter attention, les acclamations lointaines de Ridervode. La tête appuyée sur sa main, elle s'abandonnait doucement aux rêves d'amour qui passaient gracieux devant elle , en dépit des malheurs du temps. Sa pensée . capricieusement mobile , semblable à un ciel de printemps, lui donnait, tantôt quelque chose d'imposant dans le maintien , tantôt quelque chose d'oublieux dans les manières. La vivacité de son regard était presque toujours tempérée par la nonchalance de son sourire. Etait-ce nature ou calcul ? c'était l'un et l'autre peut-être.

On eût dit qu'il y avait de la coquetterie

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