CHAPITRE III
rel que de simplicité , ont dissipé les inquiétudes jalouses de l'orpheline; elle se reproche intérieurement ses soupçons; et, tendant sa main au jeune homme avec un abandon naïf, elle laisse tomber ces doux mots :
<( — Pardon! j'ai douté.... j'avais tort.
» — Douté ! répète Wenemare ; douté ! De quoi? de mon amour? Chaque homme a son destin écrit ; le mien est de vous aimer à jamais.
» — Hélas! lui répond Néolie; je crains pour nous bien des traverses.
» — Moi, non^ si votre cœur m'est fidèle.
» — Hamstède veut nous séparer.
» — Il n'y pourra jamais réussir.
» — Son ambition....
>i — Je la connais. Pour acquérir for-
tune et puissance, il vous vendrait, le misérable, s'il en avait le droit et la force.
» — Quel outrage !
» — Il est mérité. Ne l'ai-je pas vu, attirant ici près de vous les jeunes seigneurs du comte de Flandre, encourager leurs flammes impures ! Oh ! permettez un mot de reproche : vous les écoutiez, Néolie, vous tourniez sur eux vos regards. Moi ! quelle dissemblance entre nous ! quand Marguerite était devant moi, mon œil vous regardait en pensée, mon oreille vous écoutait en souvenir -, aucune séduction, aucune vanité, n'arrivaient à troubler mes sens; je n'étais qu'à vous, à vous seule, au milieu des bois d'Evergbem; et pourtant, puissance célèbre, la belle Marguerite était là. »
La nièce d'Hamstède a souri malicieusement. Urbin attendait impatiemment quelques mots en rapport aux siens; et, comme