CHAPITRE III
fait ce que je suis, soumis, dévoué, vertueux; mon avenir dépendra de toi ; ne me rends pas fou, lâche, assassin! ma carrière est en ta puissance : prends garde qu'elle ne pèse un jour sur toi comme un implacable remords. Sois constante ! promets-le-moi.
Tu pleures.... Oh merci ! jeune fille ! »
Une larme obscurcit sa vue. Il fait quelques pas pour s'éloigner : puis il revient; et, hors de lui, il tend ses bras à l'orpheline.
« — Je n'ose pas, » lui répond-elle.
Et la vierge reste immobile ; mais ce n'était pas là un refus.
Des hommes d'armes ont envahi l'habitation d'Hamstède. Ils se présentent : ô surprise! leur bannière est celle du comte de Flandre. Ce sont, du moins en apparence, les soldats du prince déchu.
« — Que demandez vous? » dit Urbin.
Un capitaine a pris la parole.
« — Que cette jeune fille nous suive.
» — Par quel ordre ?
» — Celui du maître.
» — Qui êtes- vous 2
» — Voyez nos drapeaux.
» — Quoi! ce serait le comte de Flandre! . . .
» — Lui ou les siens; plus de questions.
» — Misérables !
» — Obéissez. Hâtons-nous, la belle! et partons. H y a pour vous, à pareille aventure, plus à s'ébaudir qu'à se lamenter. Un lit d'hermine vous attend ; un dais de pourpre vous appelle. »
Le neveu de Gérard Denys ne contient plus l'élan de sa rage. Il a tiré son fer du fourreau.
« — Monstres! sortez d'ici! s'écrie-t-il. Vos maîtres sont tombés et proscrits. L'orpheline a des protecteurs. Je tue le premier qui l'approche.