CHAPITRE III
» — De quel droit la défendez-vous ? reprend le chef de la cohorte. Nous ne prétendons user d'aucune violence envers elle. Vous n'êtes ni son époux ni son frère ; et voici l'ordre de son tuteur ! »
L'écrit, signé du vieux marchand, contenait ces mots laconiques :
ce Suivez les hommes d'armes du prince! Je vous V ordonne , Nêolie. »
Les yeux de Wenemare scintillent.
« — L'infâme ! il a reçu des monts d'or; il trafique des charmes de sa pupille. Il la livre, il la prostitue. Et moi!... moi, survivre à sa honte!.... Non, qu'on me tue ! Que le sang coule ! . . . . »
Et l'impétueux amant, faisant un rempart de son corps à la nièce d'Hamstède, repousse la troupe ennemie. Tout ce que l'adresse et la vigueur ont de plus courageux et de plus extraordinaire, il le déploie en
chef indomptable. Mais comment résister au nombre! En vain il lutte, il frappe, il terrasse ; il faut, tôt ou tard, qu'il succombe. Le sang ruisselle de ses nombreuses blessures ; il n'entend déjà plus les cris déchirans de l'orpheline , à travers lesquels retentit l'outrageant mot : Miséricorde!
adressé à ses ennemis. Il n'aperçoit plus Néolie qu'à travers un voile funèbre. Son épée lui échappe il tombe.
Plus de batailles, plus de bruit. Un silence de tombeau a succédé au cliquetis des armes et aux vociférations des combats. Le logis d'Hamstède est désert.
Une figure , à peine humaine , se relève au bout de plusieurs heures du milieu de quelques cadavres. Où est-elle? — où fut Néolie. Quel est ce spectre? Wenemare. Il est seul, et la mort l'entoure.
« — C'en est donc fait ! je l'ai perdue ,