‹ Le brasseur roi;Chapitre 38 sur 141 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

che par la révolution venant en arrière. Le peuple, toujours dupe des factieux, s'étonnait néanmoins de la misère et de la honte où l'avaient précipité ses soulèvemens dits sublimes. Il commençait à murmurer. Plus d'un regard se tournait déjà avec regret vers les plaines d'exil, où gémissaient d'augustes victimes. Hélas ! un monument s'abat vite, il se réédifie lentement.

Quel est ce mouvement extraordinaire qui se fait remarquer , plus que de coutume , sous les murs de la grande cité flamande? Des bruits de guerre s'y répandent. Il y a mécontentement et agitation parmi les classes ouvrières. Le commerce est peu florissant. L'usurpateur s'est emparé des domaines , palais et revenus du souverain

8o LE BRASSEUR ROI.

exilé (1); mais au lieu d'employer ses immenses richesses à protéger les arts et à secourir les malheureux , le juif couronné remplit ses coffres, lésine, spécule, dégrade, et place à l'étranger ses trésors.

Qu'est devenue sa popularité ? Les admirations sont défuntes : les poignées de mains se suppriment. Une réaction morale s'opère. Le mépris remplace l'engouement; la haine succédera à l'amour.

La monarchie bourgeoise, à son début peu fastueuse, a maintenant des gardes et une cour établis aux frais de l'Etat (2). Sa

(i) Van Praet , Hist. de Flanche , t. i , p. 26. « Il » n'y eut jamais en Flandre, dit Froissard , ni en au- » cun pays , duc et prince qui piit avoir un pays si à » volonté et si longuement. »

(2) Les richesses d'Artevelle ne faisaient que s'accroître. Il étalait beaucoup de luxe , et les Gantois

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