‹ Le brasseur roi;Chapitre 39 sur 141 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

garde a de fréquentes alarmes , sa cour est constamment en émoi : l'une se compose de bandes d'aventuriers, l'autre d'assemblées boutiquières. La punition de tous est préparée par le principe qui a bouleversé les existences de chacun. L'orgueil du tyran subalterne se pavane en vain à écouter les inamovibles fidélités au pouvoir , qui viennent à chaque anniversaire complimenter le n importe quoi qui gouverne : les phrases souples et malléables, qui ont eu des caresses pour tous les régimes , et des hymnes pour tous les cultes, n'arrivent plus si flatteuses à son oreille. Les acclamations ont cessé de retentir sur son passage ; les fronts ne se découvrent plus à sa vue ; et le peuple désabusé sent que , puisqu'il s'est attribué le

commenr.iient à s'en indigner. — Van Praet, Hht. de Flandre , t. % , p. 5o.

droit de porter l'usurpation en triomphe, il s'est indispensablement réservé la faculté de la traîner dans la boue. Il remplira ces deux missions.

Une multitude assez considérable était rassemblée autour du palais d'Artevelle : elle se composait de commerçans , de chevaliers, de citadins, de campagnards, d'étrangers, de voyageurs, et de gens de tous les métiers. Les uns étaient réunis par groupes, les autres circulaient disséminés. Toutes les classes s'y trouvaient ; les rangs y étaient confondus.

La curiosité publique avait produit ce mouvement dans la ville. Chacun était en quête de nouvelles. La France, disait-on, venait de déclarer la guerre à la Flandre ; et

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