‹ Le brasseur roi;Chapitre 40 sur 141 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

le sort du pays se décidait en ce moment chez le Beward , où les ambassadeurs de diverses grandes puissances devaient parler au nom de leurs maîtres.

Le doyen des tisserands de la ville, le célèbre Gérard Denys, ennemi juré d'Artevelle , pérorait avec chaleur parmi les foulons et drapiers (\). Jean de Steenbeke, autre chef populaire , tonnait au milieu des marchands et bourgeois contre les pouvoirs usurpés (2). Le dialogue suivant, heurté, interrompu , brisé , repris , tantôt froid, tantôt passionné , à la fois calme et menaçant, courait çà et là dans la foule.

« — Le traître ! il a violé ses sermens.

(i) Meyeri , Ann. — Van Praet , Hist. de Flandre.

(a) Oudegherst , t. %. — Kron. Van Vlaend. , t. i.

Nous l'avions fait souverain dans nos intérêts, et il n'est roi qu'à son profit (/1).

» — Le ladre ! il nous exploite aujourd'hui comme marchandise frappée à son coin.

» — Roi postiche , il a vernissé d'insolence sa plate physionomie , croyant faire de la dignité princière ; et le voilà recevant des ambassadeurs en pompe, comme s'il était autre chose qu'une majesté de contrebande !

» — A nous la faute , pauvres hères ! Il faudra vider le calice

» — Et avaler la poire d'angoisse. »

Un homme d'armes prend la parole.

« — Qui a plus à se plaindre que moi et les miens ! Rude métier que celui de gardes

(i) Paroles de Jean de Steenbeke. — Van Praet, t. a, p. 5t. — Meyer. — Oudegherst.

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