CHAPITRE I
princes. Plusieurs cours étrangères l'avaient accueillie avec distinction. Elle exerçait dans son pays sur l'opinion publique , un ascendant inconcevable; et, bien que sa famille fût inconnue, que son nom même fût un secret, ses admirateurs, ayant jugé à son langage et à ses manières qu'elle devait être de haut lignage, l'avaient appelée « la Noble veuve. » Le surnom lui était resté. Urbin Wenemare était fils du célèbre Guillaume Wenemare, premier échevin de la Keure de Gand , qui , dans une des dernières révolutions du pays , ayant embrassé la cause des comtes de Flandre , avait péri de la main de Robert de Cassel , sur le pont de Reckelyn près de Deynze (i). Urbin,
(i) Il fonda à Gand Yhospice Saint-Laurent , ou de IFenemare en i3a3. Son tombeau, qui é! ait fort remarquable, fut détruit pendant les troubles du seizième siècle-, on n'en a sauvé que deux belles figures on
resté orphelin de bonne heure , avait voué une sorte de haine aux princes légitimes , pour lesquels sa famille s'était sacrifiée. Il ne pouvait leur pardonner la mort de son père ; et , quoique Bertrade, qui lui avait voué une affection de mère , eût en horreur les idées démagogiques, Urbin s'était déclaré en toute occasion l'ennemi des grands et du trône.
Le fameux Gérard Denys, doyen des tisserands de Gand ; et l'un des chefs les plus puissans de la bourgeoisie flamande ; était son oncle maternel. Gérard Denys se faisait remarquer parmi les défenseurs du comte
bronze fori précieuses pour l'histoire en Belgique. Au commencement du siècle dernier, on érigea à Guillaume Wenemare un nouveau monument en marbre. (Voyez Guide des voyageurs a Gand , par Aug. Voisin , t. i ,