‹ Le brasseur roi;Chapitre 5 sur 141 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

de Nevers (4), tandis qu'à la tête des hommes de révolution apparaissait «Jacque Àrtevelle (2).

Urbin, fuyant le zélé serviteur du prince de Flandre , s'était épris d'amour et d'enthousiasme pour le brasseur Jacque Artevelle, l'idole de la populace. Il s'était voué à son service. Bertrade s'était en vain efforcée de combattre ses opinions ; son éloquence y avait échoué. Il ne voyait dans sa bienfaitrice qu'une mère 5 il voyait dans son chef un dieu.

Une éducation aussi brillante que l'époque le permettait , lui avait été donnée par les soins de Gérard Denys, et sous la

(1) Meyeri, Ann. ad annum i345. — Hist. de la Flandre , par Jules Van Praet, t. 2 , p. 53. — Hist. générale de la Belgique , par M. Dewes, t. 3, p. 178.

(2) Mézerai, Hist. de France, In-foK, t. 1, p. 769. — Daniel, Histoire de France, in-4 , t. 5 , p. 3i3 et suiv. — Froissard, chap. 3. — Nangii, continuât.

surveillance de Bertrade : il n'en avait profité qu'en partie. Son âme rêveuse , impatiente et hautaine , ne s'était livrée à l'étude que comme on s'inflige une peine. La liberté, la gloire, l'amour, telles étaient les seules pensées qui, aux jours de l'adolescence , dormaient vivantes au cœur d'Urbin , pour s'éveiller terribles un jour, et s'enchaîner à sa carrière , comme l'épée se lie au fourreau.

Il avait alors vingt-cinq ans. Sa taille était élevée ; son courage était indomptable. La vigueur de ses membres ne pouvait être comparée qu'à l'inébranlable fermeté de son caractère. Son visage était habituellement pâle, et ses beaux sourcils noirs, presque toujours froncés, y donnait de temps à autre une expression farouche. Ses traits mâles et réguliers avaient une majesté triste et un éclat mélancolique qui révélaient en

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