‹ Le brasseur roi;Chapitre 41 sur 141 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

citoyennes ! des algarades continuelles et des alertes successives nous tiennent sur pied nuit et jour, rapière en main, pour dérober le pouvoir à la vindicte publique. L'usurpation est tellement en bonne odeur au pays, qu'elle n'a plus d'existence possible qu'au fond d'un sanctuaire de glaives (4). » — Amis ! interrompt Jean de Steenbeke, patience! le joueur de gobelets politique qui , perché sur le trône comme un sauteur sur une corde , cherche à s'y tenir en équilibre entre deux précipices , aura mauvaise fin dans sa farce.

(i) Àrtevelle avait demandé au roi d'Angleterre 5oo archers pour lui former une garde sûre. Il fit armer les corps de métiers en confréries militaires. Il établit une espèce de garde nationale à son usage. — Aug. Voisin, Guide, des voyageurs a Gand , t. i p. 20. — Daniel. — Mézerai. — Froissard. — Levesque , et les auteurs déjà cités.

» — Par la vraie croix ! dit un drapier , justice sera faite au pays. L'affronteur à promesses dorées a beau frapper dru de la langue, il déguerpira du pouvoir. On ne vient pas ainsi honnir, perturber et fouler aux pieds impunément toute une nation intelligente. Il nous dévore, le misérable ! à son festin de Balthazar; il nous y gruge corps et biens (1 ) ; mais aussi quand il voudra s'échapper du banquet, à l'heure où la main de l'anathème écrira sa mort sur les murs , la fuite lui sera-t-elle permise ? Non : il y aura fièvre de vengeance. Après sa halte dans le crime, il fera sa pause dans le sang.»

Gérard Denys s'est approché.

« — Steenbeke ! la guerre est imminente.

(i) Il avait, dit Daniel, quatre-vingts hommes bien déterminés dans sa garde, et quand quelqu'un lui déplaisait, il le faisait tuer par sa bande de meurlriers. r-^-Hiit. de France , in-z'j , t. 5 , p. 3 1 3.

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