‹ Le brasseur roi;Chapitre 44 sur 141 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

» — Savez-vous où il est?

» — En France.

» — Et auprès de qui ?

» — Je l'ignore.

» — Moi, Gérard, je l'ai découvert. Je sais les plans qu'il a formés.

» — Son sort ne vous est plus inconnu!

» — Vous m'en voyez glacée d'épouvante.

» — 0 ciel! expliquez-vous.

» — Urbin, vous ne l'ignorez pas, avait l'habitude de m'ouvrir son cœur comme à une mère, et de me révéler ses plus secrètes pensées. Il vint me trouver quelques jours après le mystérieux enlèvement de Néolie, objet de ses premières amours. Il était demi-égaré ; ses traits, contractés par la douleur, avaient une expression satanique. Sa parole, froide et souriante, passant entre ses dents fortement serrées , laissait percer

9a LE BRASSEUR ROI.

dans ses espérances une sorte de joie meurtrière. Son front semblait frappé de la foudre; et pourtant un caractère incroyable d'audace et de puissance éclatait autour de cette jeune tête marquée par la fatalité. Il sortait de chez Artevelle.

» — Et vous révéla-t-il ses secrets?

» — Il m'en confia une partie.

» — La nièce d'Hamstède ne lui avaitelle pas été enlevée par un seigneur de l'ancienne cour?

» — C'était là sa ferme croyance. Urbin, parti de Ridervode pour aller tomber aux pieds d'Artevelle, s'était écrié : Venge-moi l Et le tyran lui avait répondu : Tu seras vengé l Et un pacte de sang et de crime s'était conclu entre eux à l'instant.

» — Quel pacte?

» — Vous allez en frémir. Il y eut sermens mutuels. Le Reward , conduisant,

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