CHAPITRE IV
Urbin vers le soir à l'église Saint-Jacques de Gand , lui avait présenté une hostie nouvellement consacrée, et lui avait tenu ce langage : Je jure de te rendre Néolie, dont je découvrirai la retraite , niais a une condition que voici: « 77 est un homme sur la » terre dont l'existence m est funeste , et » dont la mort est nécessaire au salut de la » patrie. Jure-moi, à ton tour, que Van » prochain, dans la semaine avant Pâques, » tu auras poignardé cet homme, et que tu » me livreras son corps inanimé à la cha- » pelle de Notre-Dame-des-Mariniers , près » la maladrerie d'Oudenbourg , a peu de » dista/ice d'Ostende. »
» — Urbin aurait fait ce serment!....
» — Oui , sur la sainte hostie, à l'église.
>» — Grand Dieu! Je connais Wenemare: le serment sera accompli. Nulle puis-
sance sur la terre ne pourrait y mettre empêchement. Et qui doit être sa victime?
» — II refusa de me le dire. J'eus beau employer, pour le détourner de son infâme projet, larmes, prières, désespoir, il me répondit froidement : Mon serment me lie a jamais ; et , le Reward aussi l'a juré , Néolie me sera rendue dès que ma dague aura frappé. L'artificieux Artevelle avait joint à cette promesse l'assurance solennelle qu'après le meurtre d'Oudenbourg il se trouverait vengé d'une manière éclatante des ravisseurs de Néolie.
» — Et l'insensé partit ?
» — Le soir même. Je n'entendis plus parler de lui. Hélas ! jugez de mon horreur : je savais que l'intention de Wenemare était de s'attacher à la personne désignée à son poignard, de l'attirer en Flandre sous