CHAPITRE IV
un prétexte quelconque , et de l'égorger dans la semaine sainte , à la maladrerie d'Oudenbourg. Nous touchons à Pâques fleuries ; eh bien ! je viens d'apprendre
hier même j'en frissonne de tous mes
membres....
» — Achevez ! . . . . Vous venez d'apprendre.?....
» — Qu'Urbin est au service du jeune comte de Maie, fils de notre souverain légitime, héritier du sceptre de Flandre.
» — Est-il bien possible ! . . . Grand Dieu !
» — Urbin va poignarder notre prince.
» — Malédiction sur le monstre! Mais croyez-vous qu'il puisse parvenir à attirer la victime aux lieux où il s'est imposé le devoir de l'assassiner ?
» — Je n'en fais nul doute, Gérard. Des renseignemens positifs m'ont appris que le
jeune comte s'était laissé prendre pour votre neveu de la plus vive affection, qu'il en avait fait son compagnon d'armes, qu'ils avaient combattu ensemble au camp de Philippe de Valois , dans les dernières guerres de France , et qu'Urbin, séduit en dépit de lui-même par les gracieuses qualités de son patron, semblait l'aimer avec passion.
» — S'il l'aime , pourra-t-il le tuer ? » — Son serment ! Gérard , son serment ! Ne connaissez-vous pas Wenemare !
» — C'est atroce.... atroce!... Bertrade. La tète m'en tourne d'horreur.
» — La semaine sainte n'est pas loin.
Le prince et Urbin se sont déjà rendus à Boulogne, où les «attendait un navire. Ils partiront de là....
» — Pour quel lieu ?