CHAPITRE V. ï ï i
l'enlève, non pour moi, mais pour secourir tes victimes. Il fait des heureux malgré toi.
» — Que vous faut-il de plus ? Finissons.
» — Tu m'as proposé vingt fois des terres, des châteaux, des domaines; j'avais tout refusé jusqu'à ce jour : j'ai changé d'avis, Artevelle. Je ne veux plus de tes pensions; mon projet est de me retirer dans la solitude ; et , pour y vivre noblement, j'ai fait choix d'une seigneurie.
» — Qui vous la donnera ?
» — Qui ! Toi. »
Le sordide usurpateur a peine à contenir l'indignation quibouillonne dans ses veines.
» — Une seigneurie ! Et laquelle ?
» — Tu en as plus d'une à offrir : tu as des domaines partout ; ta richesse est incalculable^). »
(ï) Power, Kings secret, t. ï.
lia LE BRASSEUR ROI.
Le fourbe affecte de sourire.
« — Yotre demande imprévue m'étonne.
» — Qu'elle te soit agréable ou non , j'insiste , et nul refus n'est possible. »
Le Brasseur Roi frémit de colère ; sa voix néanmoins reste calme.
» — Faut-il à votre orgueil un castel vaste et fortifié?
» — Je veux un castel suzerain. Jacque! as-tu donc oublié que les habitudes de châtelaine n'ont rien d'étranger à ma vie ? Faut-il que je te remette sous les yeux les événemens qui m'ont précipitée où je suis ? Me forceras-lu de publier!
» — Paix î interrompt le chef démagogue ; les murs ont ici des oreilles. C'est assez, pas un mot de plus. Femme cruelle ! Choisissez parmi mes châtellenies. Quelle seigneurie vous faut-il ? Vous l'aurez.
» — Celle d'Oudenbourg.