CHAPITRE V. ii
« — Je ne saurais dire où il est. L'ingrat, depuis plus d'une année, a oublié sa vieille amie; je n'ai de lui aucune nouvelle. A quelle fin t'en informes-tu ? »
Cette réponse , faite avec la plus extrême simplicité, a calmé en partie les inquiétudes du Reward. Ses soupçons ont perdu de leur force. Il se rasseoit près de Bertrade.
« — Quand voudrez-vous partir ?
» — Dans trois jours.
» — Sitôt ! la chose est impossible. Il est , avant que vous puissiez entrer en possession d'Oudenbourg, des formalités à remplir. Des écrits sont indispensables. J'aurai à signer plusieurs actes. Vous ne quitterez Gand qu'après Pâques.
» — Je veux que tout soit prêt dans trois jours. C'est à la maladrerie d'Oudenbourg que je compte remplir mon devoir pascal.
n6 LE BRASSEUR ROI.
Je ne retarderai pas mon départ. Je ne change jamais mes plans.
» — Mais il faut le temps nécessaire...
» — Je n'ai qu'un mot à te répondre. Je veux que tout soit prêt : je le veux.
» — Cependant...
» — Plus d'objections. Tu n'ignores pas qui je suis ; tu sais aussi ce que je peux. Te le rappellerai-je ?. . .
» — Non , Bertrade.
» — J'ai tenu mes promesses.
» — Oui.
» — Si j'eusse parlé... Artevelle !
» — Assez ! de grâce, assez ! Tout est dit. Vous pourrez partir dans trois jours. On fera pour vous... jusqu'à l'impossible.
» — J'y compte ; je suis satisfaite.
» — Vous sortez ?
» — Je n'ai plus rien à te dire.