‹ Le brasseur roi;Chapitre 62 sur 141 · CHAPITRE VI. i3i · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI. i3i

mençait à s'éclaircir , et l'ouragan soufflait avec moins de furie.

« — Le jour reparaît , dit le prêtre : c'est le dernier peut-être pour moi. Mon Dieu ! quelques heures encore !

» — La pluie a cessé, camarades ! crie le capitaine à sa troupe. Gérard Denys est sur la côte ; tâchons de le rejoindre : partons. »

Les routiers ont repris leurs armes; les pêcheurs secouent leurs filets ; les marchands voyageurs se sont remis en route pour Ostende ; et le hangar redevient désert.

Plusieurs heures s'étaient écoulées. Le firmament ne s'était épuré que par intervalles. La tempête qui mugissait était de celles qui durent trois jours dans le voisinage des mers. Deux naufragés, demi-mourans , ve-

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naient d'être jetés sur les rivages (TOudenbourg. Le bâtiment qu'ils montaient la veille avait péri non loin de la côte.

L'un d'eux n'avait que dix-huit ans. Sa figure distinguée , sa taille gracieuse , la délicatesse de ses membres , et la noblesse de son maintien , tout révélait en lui une haute origine. Ses vêtemens étaient néanmoins d'une extrême simplicité : ce n'étaient ni ceux d'un chevalier , ni ceux d'un commerçant , ni ceux d'un troubadour. Son chaperon, de simple drap brun , n'était orné que d'une petite étoile d'argent. Point de broderies à son justaucorps. Il ne portait ni écharpe, ni pierreries , ni dentelles : mais dague, ceinturon, gantelets et glaive.

C'était le fils du comte de Flandre.

L'autre était Urbin Wenemare.

Le neveu de Gérard Denys, s'étant rendu en France, y avait exécuté ses plans avec

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