‹ Le brasseur roi;Chapitre 63 sur 141 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

une rare habileté. La mâle beauté de sa personne , la vaillance de son épée et les séductions de son esprit lui avaient gagné en peu de temps la confiance entière des comtes de Flandre. Il était venu leur offrir ses services ; le prince et son fils les avaient acceptés avec reconnaissance. Il avait suivi ses nouveaux patrons au camp de Philippe de Valois ; et là, se distinguant aux combats, il s'était fait un nom de héros.

Urbin, favorisé par je ne sais quel don de la Providence, exerçait à son gré une puissance occulte et mystérieuse sur les êtres qu'il voulait séduire. Louis de Maie avait cédé sans résistance à l'influence irrésistible; il s'était passionné pour le jeune guerrier flamand, qui semblait ne s'être rendu en France que pour se dévouer à sa cause. Wenemare, en peu de temps, était devenu son compagnon chéri ; et le comte de

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Maie, sans pouvoir se l'expliquer à luimême, en était arrivé à n'avoir plus d'autres volontés que celles de son frère d'armes.

Tout a coup le soldat d'Artevelle est venu porter à Louis de Nevers de faux écrits de Bruges et de Gand. On y supplie le souverain légitime d'envoyer secrètement son fils au nord de la Flandre où l'appelle un parti puissant ; sa présence y sera le signal d'un soulèvement général contre l'usurpateur; et le triomphe est assuré.

Le comte de Flandre avait pour Urbin la plus vive affection. Il n'a révoqué en doute aucune des signatures présentées à ses regards; pas un soupçon ne s'est élevé dans son esprit. L'intrépide Wenemare lui paraît un de ces génies puissans , à la garde desquels un souverain peut confier en toute assurance et l'héritier de sa maison, et les

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