CHAPITRE VI. i
destins de son royaume. Il entoure son fils deserviteurs fidèles. Un navire est frété pour eux; et la victime, promise à l'usurpateur deGand, s'est élancée avec transport sous l'égide du meurtrier.
Mais une Providence inflexible était venue frapper au cœur Wenemare au milieu de ses noirs succès. Le gracieux fils de Flandre était adoré de tous ceux qui l'approchaient : il était si pur et si beau ! Urbin lui-même n'avait pu se refuser à admirer l'enfant des rois dont la grande âme et les douces vertus se développaient de jour en jour. Il ne l'avait d'abord suivi et étudié que mu par des sentimens de vengeance, et pour accomplir son serment : il l'avait ensuite entouré de ses soins avec un affectueux intérêt : puis, par degrés, il s'était attaché à lui avec enthousiasme ; et enfin, se passion-
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liant pour l'innocence, il s'était pris d'horreur pour lui-même.
Il avait vainement cherché à découvrir quel était le gentilhomme flamand de la cour du prince déchu, qui lui avait enlevé Néolie; ce mystère était resté impénétrable. Une lettre d'Artevelle, qui lui avait été récemment remise en France, contenait ces perfides mots :
(( — La nièce d'Hamstèdc n'est plus au » pouvoir de son ravisseur; mais vengez-la, » l'honneur vous l'ordonne. Je ne vous la » rendrai , Wenemare, que l'avant- veille » de Pâques, à la chapelle d'Oudenbourg; » soyez fidèle à vos promesses , et je saurai » accomplir les miennes. Si vous manquiez » à la sainteté de votre serment , malheur à » vous ! Plus de Néolie ! »
Revenons aux deux naufragés.