‹ Le brasseur roi;Chapitre 68 sur 141 · CHAPITRE VI. i · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI. i

dément d'un horizon à l'autre. Louis contemple un instant, avec un vague pressentiment de malheur, le génie lugubre et silencieux qui l'enthousiasme et qui l'effraie, qui fascine «on intelligence , et qui commande en maître à son cœur.

Puis, du geste, implorant son aide :

« — Urbin ! j'ai bienfroid, dît le prince. Ne chercherons-nous pas un abri ? J'ai encore besoin de ton assistance : je n'ai pas, moi , ta haute stature ; il me manque aussi ta vigueur; mais j'ai ton courage, marchons. Je ne sens ni mal ni fatigue quand je me presse contre toi. »

Et le comte de Maie a passé son bras autour de celui d'UrLin. Ce dernier cède à son désir. Les deux naufragés s'éloignent lentement de la rive; et, non loin des champs d'Oudenbourg , ils errent au sein des forêts.

Wenemare soutenait avec une tendresse inquiète et morne les pas du jeune fils de Flandre j sa langue semblait collée à son palais : un tressaillement involontaire était sa seule réponse à chacune des questions que lui adressait son compagnon d'infortune. La douce voix du prince agissait sur ses sens à la manière d'un coup électrique. Elle le réveillait comme en sursaut d'une espèce de somnambulisme. Il ne marchait que par instinct, il n'écoutait que par secousses.

« — Mes gens auront péri , n'est-ce pas ? demande le comte à voix basse. Mon père avait choisi les plus dévoués. Je l'entends

encore me recommandant à leurs soins

Pauvres malheureux ! . . . . Quelle mort !

Mais tu ne pouvais pas nous sauver tous : Dieu n'avait mis que moi sous ta garde.

» — Sous ma garde ! A répété Urbin

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