‹ Le brasseur roi;Chapitre 69 sur 141 · CHAPITRE VI. i · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI. i

d'un ton lugubre ; non, ce n'est pas Dieu qui vous y a mis.

» — Et qui donc ?

» — Demandez au ciel.

» — Homme inexplicable ! a repris douloureusement l'héritier des souverains ; pourquoi ces mots extraordinaires ? Ce n'est pas, du reste, la première fois que tu m'alarmes. Depuis que tu me décidas à partir avec toi pour la Flandre, depuis que tu me remis ces secrètes dépêches des fidèles sujets de mon père qui m'appelaient auprès d'eux pour les aider à renverser l'usurpateur, Urbin , ton caractère a changé , ton humeur est devenue farouche, tes pensées sont devenues sauvages. Parfois je souffre à tes côtés; et pourtant, qui t'aime plus que moi !

» — Il ne fallait pas me suivre, mon

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prince, répond brusquement Wenemare.

Etes-vous d'ailleurs bien certain que les dépêches flamandes ne soient pas fausses ? Etes-vous sûr qu'il n'y ait pas quelque trahison dans leur appel ?

» — Mon père a vu les signatures; il a reconnu les sceaux armoriés qui y étaient joints. Un tel soupçon est odieux : il m'indigne; je le repousse. C'est la première fois qu'il te saisit ; pourquoi me l'avoir communiqué si tard? Quoi ! tu crains des pièges?

» — Peut-être.

» — Où nous attendent-ils?

» — Partout. ))

Ces paroles ont été dites avec l'accent d'une vive affection ; et pourtant rien n'était plus sombre et plus menaçant que le front contracté d'Urbin. Il avait un rire funèbre.

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