‹ Le brasseur roi;Chapitre 71 sur 141 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

ensemble au rivage!... Malédiction! où sommes-nous ! »

Mais cette incohérence de langage , et cette sorte de démence passionnée , ont rendu le calme au jeune Louis de Maie ; il ne voit dans les terreurs de Wenemare , que les mouvemens naturels d'une âme élevée, à l'heure où une grande responsabilité commence à se déployer tout entière devant elle , et à peser sur ses destins. L'ascendant magique d'Urbin sur son esprit , ne saurait perdre de sa force. Il ne s'explique pas complètement les divagations de son compagnon chéri, mais il connaît son dévouement; il est sous le charme de ses accens pleins d'énergie et de sentiment ; il se complaît dans cette région orageuse et bizarre , où l'amitié l'enserre comme une proie. La force sauvage d'Urbin, les contrastes de son caractère, et jus-

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qu'à son égarement mystérieux, l'intéressent et le subjuguent , le tourmentent et le rassurent, le repoussent et le ravissent. Urbin est son démon et son dieu; il est pour lui ciel et enfer.

« — J'aperçois un abri désert , dit l'héritier des comtes de Flandre : c'est une hutte de pêcheurs. »

C'était le même loit rustique , où peu d'heures auparavant s'étaient réunis les routiers et leur capitaine , les commerçans et le vieux prêtre. Le hangar est abandonné ; les naufragés en ont pris possession ; un reste de feu y couvait sous un amas de cendres; ils se hâtent de le rallumer, en y jetant des débris de fagots qu'ils ramassent ici et là. Bientôt la vive chaleur du foyer réchauffe leurs membres glacés. Ils sont assis l'un près de l'autre , et leurs habits trempés se sèchent.

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