‹ Le brasseur roi;Chapitre 77 sur 141 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

» — J'ai été son guide une nuit.

» — Où donc ?

» — Sur la route de Bruges : lors de la révolte de Gand.

» — Quoi ! tu serais ce courageux soldat d'Everghem dont Marguerite a tant parlé?. . . Tu serais ce brave inconnu qui se déroba si noblement à sa reconnaissance ? Et jamais ta modestie ne m'en avait dit un seul mot. Quelle destinée ! que c'est étrange ! Après avoir été le guide et l'appui de l'héritière du Brabant , être celui du fils de Flandre ! il était donc écrit là-haut que tu serais le génie tutélaire de ma famille, le sauveur des futurs époux : oui, des époux, car, le sais-tu? Marguerite est ma fiancée.

» — Je le lui ai entendu dire.

» — A elle-même ?

» — Pourquoi non?

i. ii

i6a LE BRASSEUR ROI.

» — Comment l'as-tu trouvée ?

» — Jeune et belle.

» — Tu lui cachas ton nom, Wenemarei'

» — Ce n'était point celui d'un chevalier. Ma mission se bornait à la ramener auprès de son père; et j'eus, pour en tirer vanité, trop peu de mérite à la remplir.

» — Que dis-tu, « trop peu de mérite! » elle a dû la vie à tes soins. Urbin! que ta jeunesse est brillante ! La Providence t'a donné la vigueur de l'athlète avec l'énergie du héros : et tu n'emploies ces dons merveilleux qu'à secourir les opprimés, qu'à être utile à tes semblables. Heureuse carrière que la tienne ! tu fais le bien, tu domptes le mal. Avec quel transport je changerais mon rang et mes titres pour ta puissance et tes vertus !

» — Malheureux ! interrompt Urbin ,

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