CHAPITRE VII. i
Le fermier, à cette espèce d'hommage rendu au jeune inconnu, s'est vu sur le point de découvrir son front devant lui. La vieille a repris lentement :
« — Il y a en toi de l'avenir. Mais.... en
travers un homme de trop. Gare à toi!
Qui est celui-ci? »
Et le doifft décharné de Barbe montrait le compagnon de Louis.
« — C'est mon ami , répond le prince avec un sourire enfantin ; c'est un présent que m'a fait la Providence. Il est mon guide et mon appui. Que deviendrais -je sans Urbin !
» — Ah ! il s'appelle Urbin , dit la vieille. Est-ce tout ?
» — Urbin Wenemare. »
Kernel a fait un saut de joie.
x76 LE BRASSEUR ROI.
« — Qu'entends -je ! Ce nom!... C'est celui du capitaine sous lequel je fis le premier apprentissage des armes , et auquel je fus dévoué. Urbin! Seriez-vous de la famille de ce brave défenseur du trône^ de ce célèbre Guillaume Wenemare... qui mourut pour son souverain (-1)? Vous me rappelez son visage. Votre taille...
» — Je suis son fils. »
Le vieillard n'a pu se contraindre : il veut presser Urbin sur son cœur. L'aïeule a poussé un cri rauque.
« — Keruel ! ne l'embrassez pas. »
Mais, avant que Barbe eût proféré cette
(i) Il était à la tête de l'élite gantoise, et combattait pour ses princes légitimes : il fut tué par Robert de Cassel. Sa mémoire est encore en grande vénération à Gand, où il a un tombeau magnifique. — Guide des voyageurs à Gand, Ang. Voisin, p. 272.