‹ Le brasseur roi;Chapitre 84 sur 141 · CHAPITRE VII. i · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII. i

étrange défense, l'ancien soldat s'était jeté au cou de son hôte, et, les larmes aux yeux, cherchait sur le visage d'Urbin à retrouver les traits de son chef.

« — Quel bonheur pour moi! reprend-il . Un Wenemare dans ma ferme ! le fils de mon illustre maître! Oh! demeurez ici quelques jours !

» — Impossible , » interrompt la vieille.

Ce mot a été prononcé avec un de ces accens lugubres et décisifs qui restent sans réplique à la ferme, et contre lesquels on se garderait de protester.

« — Je n'ignorais pas, dit le prince, qu'Urbin devait le jour à l'un des sujets les plus dévoués du comte de Flandre. Je n'ai pu juger de la bravoure du père, mais je connais celle du fils : j'ai vu briller son œil. de faucon dans des périls de plus d'un genre -,

et il m'a été prouvé que sa force était invincible. Quelque grand qu'ait été Guillaume, il est dépassé par Urbin. Son corps a des membres de fer ; son âme a des pensées de feu. »

La centenaire s'est levée.

« — Oui, reprend -elle d'un air morne.

Des pensées de feu : c'est certain. Mais dans ces pensées-là, il y a de l'abîme ; dans ce feulà, il y a du soufre. »

Et elle est sortie de la salle.

Le soldat d'Artevelle, par un geste involontaire, a comme ratifié sa sentence. Anne Mathys, consternée, suit machinalement son aïeule.

Un profond silence a suivi ; le jeune exilé l'a rompu ; et, s'adressant au laboureur, il reprend ainsi l'entretien.

« — Vous me refusez donc de la bière?

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