‹ Le brasseur roi;Chapitre 87 sur 141 · CHAPITRE VIL i · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIL i

munication morale. La pensée de Barbe est comprise ; et le prêtre y a obéi. Il se recouche, il s'est calmé.

« — Révérend père ! dit le fermier ; ouvrez-moi votre cœur sans crainte. En quoi puis-je vous être utile? »

Le religieux mourant porte alternativement ses regards sur les trois hommes qui l'entourent. La figure de Louis l'a frappé; on dirait qu'il l'a reconnu .

« — J'avais ici... murmure-t-il, un dépôt sacré... Sauvez-le. Puis-je choisir un d'entre vous?... »

Barbe lui montre Wenemare.

(( — Prêtre ! ne choisis pas cet homme !

» — Pourquoi ? s'écrie le laboureur.

» — J'ai mes raisons, » répond la vieille.

Puis, d'un geste plein de terreur, indiquant le dominicain :

« — Il y a ici un meurtre passé. »

Et, croisant les bras, elle ajoute:

« — Il y a , non loin , un meurtre futur. »

Anne pousse un cri d'épouvante.

« — Homme d'église ! continue la centenaire, je vois au chevet de ton lit... un enfant de la Providence. Dieu te l'a sans doute envoyé ; remets en ses mains ton dépôt. »

Et , avec une dignité solennelle , Barbe lui présente le prince.

Le fermier s'incline, et se tait.

Le dominicain s'est encore une fois relevé de sa couche ; ses yeux s'attachent sur Louis , et de vagues souvenirs l'agitent.

« — Mon choix est fait, dit-il lentement,

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