CHAPITRE VII. i
Ce jeune homme aura mes secrets. Qu'on me laisse seul avec lui.»
Chacun se retire à ces mots. Le comte de Maie s'est assis près du lit funéraire. Aucun témoin ne troublera l'entretien; et le ministre du Seigneur, dont les douleurs aiguës se sont suspendues un instant , semble avoir retrouvé ses forces.
« Ton âge, mon fils?
» — Dix-huit ans.
„ — Ton nom ?
>, __ Je m'appelle Louis.
)) — Grand Dieu ! dit le vieillard en joignant les mains; je ne m'étais point abusé. Son nom, ses traits, son âge, c'est lui ! » — Que voulez- vous dire, mon père?
„ — O miraculeuse rencontre!... Mais seul , ici, dans ce costume! Vous! l'héritier des souverains ! . . .
» — Paix ! interrompt le comte de Maie, une ressemblance trompeuse. . .
» — Je vous ai connu dès l'enfance ; point de feinte , elle est inutile. Mon dévouement à votre cause...
» — Eli bien ! je cesse de nier ; mais de grâce! modérez-vous. Ce n'est pas de mes destins qu'il s'agit en ce moment, nous y reviendrons... un peu plus tard ; vous avez d'abord une révélation importante à me faire^ et je ne veux écouter qu'elle. Le temps presse , parlez !
» — Mon prince !
» — Pas ce titre , je le défends.
» — Mon fils !
» — A la bonne heure.
» — Ecoutez ! »
Le vieux dominicain se recueille.
« — Bertrade vous est-elle connue ?