‹ Le brasseur roi;Chapitre 90 sur 141 · CHAPITRE VU · texte numérisé non relu

CHAPITRE VU

n'avait aucun soupçon qu'ils fussent en mon pouvoir , lorsque , atteint d'une maladie grave, je fus obligé d'envoyer quérir le plus célèbre mire de Gand : et ce mire entra dans mon cloître.

» Hélas ! je prononçai, dans les accès de fièvre qui troublaient ma raison , quelques paroles sur Bertrade ; le docteur y prêta

Toreilie C'était le médecin d'Arte-

velle.

» Que vous révélerai-je de plus ! Un soir on m'annonça le Reward. Le perfide employa , pour m'arracher l'aveu du dépôt , tous les artifices imaginables. Prières, menaces, séductions, rien ne me fut épargné. Je résistai avec courage; mais je vis ma perte certaine, et je songeai à fuir du couvent.

» Mes préparatifs de départ durèrent deux jours Ce fut trop. Je n'aurais pas dû

rester une heure de plus au monastère après la visite de Jacque. C'est hier que j'ai quitté Gand : j'étais empoisonné la veille (1).

» — Empoisonné!.... Comment?

» — Je l'ignore.

» — Le monstre a donc partout des agens ?

» — IN'a-t-il pas l'enfer à ses ordres (2) !

(i) Artevelle , dit Mézerai, prompl à toutes sortes de crimes , faisait tuer tous ceux qui le gênaient. — - Hist. de France , in-fol., t. i , p. 769.

Ce tyran insolent , dit le père Daniel , faisait massacrer à l'instant tout ce qui lui était suspect. — Hist. de France , in-/! , t. 5 , p. 3 1 3 et 325.

(2) Artevelle avait à sa solde soixante à quatrevingts assassins formant sa garde , qui tuaient au moindre signe du maître les victimes désignées à leur poignard. — Mézerai, Hist. de France , in-fol., t. 1, p. 769. — Daniel , t. 5 , p. 3x3. — Levesque, la France sous les Valois , t. 1 , p. 434- — Froissard , ch. 3.

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