CHAPITRE VIL
» — Mais il est des contrepoisons !
l'art a des secrets ! An secours ! »
Et le comte, saisi d'horreur, s'est élance' à la croisée. Il appelle à grands cris les habitans de la ferme.
« — Il est déjà trop tard, dit le prêtre. Mon corps est brûlé , je me meurs. Tout remède serait inutile. On vient : discrétion et silence. Cachez avec soin le dépôt »
Il n'a pu achever sa phrase. D'horribles douleurs l'ont repris. Ses membres se tordent, sa raison se perd, sa figure se décompose.
Anne est accourue la première. Urbin et le fermier l'accompagnent.
Louis a serré précieusement contre son sein le sac de cuir du religieux. Et s'adressant à Keruel :
ic)2 LE BRASSEUR ROI.
k — On Fa empoisonné! s'écrie-t-il.
» — Grand Dieu! qui vous l'a dit ?
» — Lui-même. »
Le laboureur s'approche du prêtre.
« — Quel est l'empoisonneur ? nommezle ! »
Le révérend père a levé la tête. Il regarde avec égarement autour de lui. Puis, d'un accent qu'on eût dit sortir d'un sépulcre, il répond solennellement :
« — Artevelle, Jacque Artevelle. »
Cette accusation foudroyante, partie des portes de la mort, a pétrifié les témoins. Urbin s'est caché le visage. Artevelle, l'objet de sa constante admiration , son chef, son ami , son idole ! Artevelle un lâche empoisonneur! ... Cette pensée inattendue s'est dressée tout à coup devant Wenemare