‹ Le brasseur roi;Chapitre 93 sur 141 · CHAPITRE VIL i · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIL i

« — Mais Dieu ne t'a jeté sur le trône que comme une grande leçon pour les siècles. La couronne stygmatise le front qui l'usurpe. Il n'est de paix et de liberté qu'avec le droit et la justice. L'enfant auguste écrasera le serpent abject. Le passé fut gros de tempêtes , l'avenir est riche de beaux jours. »

Urbin s'est levé brusquement.

« — Sortons d'ici. »

Mais Barbe l'arrête.

« — Pourquoi faire ! de quoi as-tu

» peur?... Prendrais-tu fait et cause pour » Jacque ? Ce ne serait peut-être pas la pre- » mière fois. Veux-tu ta part de l'anathème? » tu l'auras. »

Et la vieille a ri.

i96 LE BRASSEUR ROI.

Le dominicain n'a plus fait entendre que des gémissemens inarticulés. Les potions que lui ont administrées Anne Mathys et la béguine n'ont pu éteindre le feu qui dévore ses entrailles. Le malheureux, à son arrivée à la ferme , ne soupçonnait point encore la véritable cause du mal qui le torturait. L'idée de son empoisonnement, par ordre d'Artevelle , ne lui était venue tout à coup, à l'heure suprême, que par une sorte de révélation d'en haut, et seulement au moment où il allait remettre à Louis le dépôt sacré de Bertrade. Sauver sa vie n'est plus possible.

KerueL à l'approche de la nuit, a forcé le jeune prince à se retirer dans une des petites chambres de la ferme pour y prendre quelque repos. Le comte de Maie a cédé à ses instances. Il va dormir paisiblement : en sera-t-il de même d'Urbin ?

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