‹ Le brasseur roi;Chapitre 94 sur 141 · CHAPITRE VIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIL

L'aurore avait brillé depuis long- temps. Le fils de Flandre s'est levé. Il descend l'escalier de la ferme ; Barbe et ses enfans l'attendaient. Wenemare, assis à l'écart, au fond de la salle basse du logis , et la tête appuyée sur sa main, ne voit, n'écoute ni n'entend.

« — Le prêtre est mort, dit Barbe à Louis.

» — Infortuné! répond le prince. A-t-il reçu les sacremens ? Je n'ai pas ouï de cloche funèbre; »

La centenaire a souri dédaigneusement.

« — Jeune homme ! où est votre mémoire? Les cloches sont parties des églises: leur tintement est défendu. C'est aujourd'hui vendredi-saint. »

iy8 LE BRASSEUR ROI.

Urbin, comme éveillé en sursaut ^ se redresse l'œil effaré.

« — Vendredi-saint ! répète-t-il.

» — Oui, a répliqué l'aïeule, en se tournant du côté de Wenemare : jour où l'agneau fut immolé. Crois-tu à la victime sainte ?

» — Oh! dit Urbin d'une voix sourde, je crois en Dieu plus que jamais. Il y a ciel, car il y a enfer.

Un déjeuner vient d'être servi. Le bon laboureur ne veut laisser partir ses hôtes qu'après le repas du matin. L'héritier des rois est à table.

« — A la petite pointe du jour, dit le fermier aux deux voyageurs, il est entré ici des routiers à physionomie suspecte. Ils

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