‹ Le brasseur roi;Chapitre 95 sur 141 · CHAPITRE VII. i · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII. i

m'ont demandé s'il n'était pas passé quelque naufragé sur ces rives; je leur ai fait de vagues réponses , et je m'en suis débarrassé.

» — \ous avez eu tort, dit l'aïeule.

» — C'étaient peut-être, a repris Keruel, des larronneurs à la piste d'une proie. Je me fie peu à ces bandes aventurières qui exploitent de nuit les routes. Leur capitaine m'a dit être au service de la seigneurie d'Oudenbourg ; or, le seigneur est Artevelle.

» — Il ne l'est plus, dit Anne Matliys. On m'a assuré, hier même, que le domaine avait changé de maître, et qu'il appartenait maintenant à une femme.

» — Comment se nomme-t-elle ?

» — Bertrade. »

Wenemare a secoué la tète en signe d'in-

aoo LE BRASSEUR ROI.

crédulité. La centenaire a repris la parole avec une gravité sentencieuse.

« — Je vous le répète, mon fils, vous avez fait une grande faute. Que n'étais - je là ! Quelque chose en moi me l'affirme : ces routiers et leur capitaine... avaient une mission de salut.

» — Comment l'aurai-je deviné? Je ne suis pas né en Bohême. Et puis, d'ailleurs, j'étais si troublé par la mort de ce dominicain!.... Le physicien, venu de Bruges à mon appel , me demandait en ce moment son salaire pour le dérangement que je lui avais causé en pure perte; et je ïe renvoyais à la ville moyennant une pièce d'or. J'étais inquiet, tourmenté. Ces hommes d'armes m'effrayaient. Amis! qu'auriez-vous fait à ma pk j?.... Ai-je mérité des reproches?

a — Dieu me garde de vous en adres-

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