CHAPITRE VIL
ser ! répond vivement le comte de Maie. Mon cœur, plein de reconnaissance, pourrait-il jamais oublier votre hospitalité généreuse! »
Le repas était achevé.
« — Adieu ! » dit le prince à son hôte.
Il sortait déjà de la salle; Wenemare l'avait suivi. Tout à coup Barbe a tiré le prince par un des pans de son habit; et, levant un doigt prophétique :
« — Garde à toi ! murmure la vieille ; il y a un poignard sur la route. »
Le prince est déjà loin de la ferme. Son guide le devance ; et , sans regarder ni de côté ni en arrière , il marche à grands pas comme obéissant à un mécanisme qui le pousse en avant sans consulter sa volonté.
Plus d'une fois le fils de Flandre lui a adressé quelques douces paroles : de froids monosyllabes ont coupé court à l'entretien.
Cependant aucune pensée défavorable à Wenemare n'est venue troubler ses esprits. Le comte attribue en partie les sombres agitations d'Urbin aux souvenirs poignans qui ont dû le ressaisir, en remettant le pied sur la terre natale où Néolie lui fut enlevée; il se persuade aussi qu'elles proviennent de l'inquiétude où doit le jeter la haute mission de confiance dont l'a investi le comte de Nevers. Le neveu de Gérard Denys , attaché depuis long-temps à sa personne, s'est emparé de lui tout entier.
Louis de Maie a connu sa bravoure dans les combats , son dévouement dans les périls , son énergie dans le malheur ; il s'est enthousiasmé , de toute l'ardeur de sa jeu-