‹ Le brasseur roi;Chapitre 97 sur 141 · CHAPITRE VIII. ao · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII. ao

nesse, pour cet être à formes athlétiques, à intelligence supérieure et à volonté invincible, qui s'est montré à lui sans modèle. Il a cherché à s'identifier au principe caché de cette puissance suprême de courage et de mystères, devant laquelle son imagination fascinée se prosterne; et, ne pouvant parvenir à le comprendre, il ne lui en paraît que plus merveilleux. Le culte que dans la personne de Wenemare il rend avec amour à l'audace , est devenu , à son insu même, une sorte de fanatisme instinctif. C'est une foi miraculeuse à un homme indéfinissable.

O destinée singulière! Cette même admiration passionnée que le comte de Maie éprouvait pour Urbin, Urbin l'avait ressentie pour Artevelle. Le Brasseur Roi, s'élevant au-dessus de ses contemporains pour tout niveler

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à ses pieds ; s'appuyant sur la liberté pour imposer la tyrannie; s 'armant des révolutions pour tuer les révolutionnaires ; dégradant le moral des peuples pour usurper la pourpre des rois; attachant aux roues de son char la nation qui l'avait placé dessus , et la roulant, subjuguée, au gré de ses caprices , hors du chemin qu'elle eût voulu prendre : Jacque ; quasi-roi , quasi-peuple , était apparu gigantesque à son imagination abusée. Les contrastes que présentait la vie de cet orgueilleux rebelle à son enthousiasme irréfléchi , ne s'étaient offerts à lui que sous leur beau côté ; il n'avait pas regardé l'autre.

Ce n'est pas qu'au fond de sa conscience il ne s'étonnât parfois lui-même de sa passion pour le Reward; le héros du peuple et de la bourgeoisie , repoussant avec dédain

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