‹ Le brasseur roi;Chapitre 98 sur 141 · CHAPITRE VIIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIIL

le vœu des bourgeois etdupeuple, l'homme, choisi au nom du siècle, se jouant avec dédain du siècle et des hommes, Artevelle effrayait sa raison. Mais ce je ne sais quoi de grand et d'avili, d'audacieux et de lâche, de fort et d'impuissant, qui caractérisait l'usurpateur, ne s'était offert devant lui, à l'horizon politique, que sous son point de vue neuf, brillant, inexplicable et bizarre. Jacque lui semblait d'une nature à part au milieu de ses contemporains ; et, l'ayant cru appelé à une mission de renversement dans des vues de régénération, il s'était laissé éblouir par les lâches violences du désordre , en les considérant comme moyens indispensables d'assurer le triomphe de l'indépendance. Le nain , grandi par la déception, lui avait fait l'effet d'un colosse couronné par le génie ; et l'ascendant du chef démagogue sur l'aveugle Urbin We-

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nemare était non moins irrésistible que celui d'Urbin Wenemare sur l'aveugle héritier des rois.

Le firmament qui s'était éclairci au lever de l'aurore et qui avait semblé promettre un beau jour, s'était obscurci vers midi. Le vent des mers s'était élevé de nouveau avec ses longs mugissemens ; l'horizon s'était chargé de grains menaçans ; les nuages s'épaississaient.

Le comte de Maie , une main posée sur sa poitrine, y pressait avec un soin inquiet le dépôt du dominicain. Les sinistres paroles de la centenaire lui revenaient à la mémoire. Il n'avait rien dit à Wenemare des secrets du religieux. Les deux naufragés se taisaient.

La route était coupée par le déborde-

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