‹ Le bravoChapitre 3 sur 11 · PREFACE. XJ · texte numérisé non relu

PREFACE. XJ

soit assez stable, celui du monarque est sujet à changer. Mais en admettant tous les bienfaits qui peuvent découler d'une administration juste sous des princes sages et humains, un gouvernement dont le peuple n'est pas réellement la base renferme en lui-même un vice inévitable et oppressif, — la nécessité de se soutenir par la

force physique et par des impositions onéreuses contre l'action naturelle de la majorité.

Si nous voulions faire la définition d'une république , nous dirions que c'est un état dans lequel le pouvoir, en théorie et en pratique, dérive du peuple, et où les agens publics sont constamment responsables envers le peuple ; responsabilité qui ne peut être niée ni éludée. Qu'un tel système vaille mieux sur une grande échelle que sur une petite , c'est ce qui est contraire aux théories brillantes qui ont été maintenues pour

Xij PRÉFACE.

soutenir des institutions différentes : mais la moindre réflexion doit rendre cette vérité évidente, puisque les erreurs populaires sont la cause de tous les dangers des gouvernemens populaires; et un peuple qui a des intérêts différens et des possessions territoriales étendues, est beaucoup plus sujet à y être exposé que ne le sont leshabitans d'une seule ville ou d'un pays. Si nous ajoutons à cette définition, comme un caractère infaillible du genre, qu'une véritable république est un gouvernement contre lequel l'instinct de leur propre conservation inspire à tous les autres un sentiment de jalousie et de haine, nous croyons qu'on ne pourra se méprendre sur la classe. De quelle manière Venise aurait pu être jugée d'après ces principes, c'est ce que nous laissons au lecteur le soin de décider lui-même.

LE BRAYO.

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