‹ Le Brésil au XXe siècle (volume 2)Chapitre 8 sur 33 · VIE ÉCONOMIQUE · texte numérisé non relu

VIE ÉCONOMIQUE

qui y est vendu salé en petites boîtes de fer-blanc. A mesure quela pénétration s'étend vers le nord, cette sorte de banlieue lointaine de Rio s'élargit. Elle a dépassé au» jourd'hui la limite des forêts et poussé jusque dans la brousse, au nord de Belle Horizonte, où un climat plus^ sec permet d'entreprendre la culture de produits despays tempérés ; les pommes de terre de Minas commen* cent à apparaître à Rio.

L'ancienne industrie de l'élevage, qui a jadis occupé le Brésil entier, a restreint son domaine et s'est concentrée. Gomme les bœufs ne sont pas employés à la culture proprement dite, mais seulement au transport des produits agricoles, il en résulte que l'élevage nese combine à l'agriculture que lorsque les cultivatetun ont eux-mêmes des transports à faire, c'est-à-dire dans^ les grandes propriétés. C'est ainsi qu'à Saint-Paul^ toute fazenda a son troupeau, et souvent ses ani» maux reproducteurs, ses pâturages, et son champ de canne qui la fournit de fourrage artificiel. A Minas, Il en est ordinairement de même. Mais le bétail manque au contraire dans les pays de petite propriété et de petite culture ; le colon du Parana ou de Sainte* Catherine n'emploie pas de bœufs ; le seul animal domestique dans les colonies est le cheval de selle.

Le bétail règne au contraire sans partage sur le& prairies du Rio Grande. C'est un des traits les plus eu* rieux de la vie rurale brésilienne, que Popposition tranchée entre régions pastorales et régions agricoles. Nous aurons à la signaler maintes fois. Autres occupations, autres mœurs. L'élevage et la culture ne se mêlent pas comme en Europe. Les agriculteurs ne possèdent pas de bœufs; d'autre part, les bœufs des pays d'élevage, ceux du Rio Grande, par exemple» ne sont en aucun sens des animaux domestiques, car-

ils n'ont pas le caractère pacifique, et ils ne sont pas les compagnons des travaux de l'homme, ils ne sont pas ses serviteurs.

L'élevage dans les prairies du Rio Grande vise uniquement la production de la viande. La viande salée exportée du port de Pelotas est consommée dans le Brésil entier. Le Rio Grande vit de cette exportation. Pendant la saison de 1907, ses abattoirs ont égorgé 1 400 000 bœufs destinés au séchage. Tandis que la partie méridionale du Rio Grande, consacrée à l'éle* vage, exporte de la carne seca^ la région des colonies qui s'étend au nord des prairies commence à répandre dans les États voisins ses vins et sa graisse de porc.

On le voit, les relations économiques entre les diverses régions brésiliennes se sont multipliées. Depuis les temps coloniaux, l'organisme s'est compliqué, il se perfectionnera encore ; on peut prévoir sans peine, par exemple, le temps où les salines du Rio Grande do Norte et du Céara approvisionneront les sécheries de viande du Rio Grande, qui n'achètera plus le sel de €adix. Les planches de pins du Parana remplaceront aussi quelque jour les cargaisons de bois résineux de Norvège qu'on débarque encore à Rio et à Santos. Enfin le Brésil méridional ne parviendra-t-il pas à fournir la farine de blé, qui est présentement importée d'Argentine 7 — Ainsi, non seulement naîtront de nouveaux liens •entre les vingt États, mais le Brésil verra se réduire le tribut qu'il est obligé de payer à l'étranger.

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