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LA PETITE PROPRIÉTÉ A SAINT-PAUL

de l'Agriculture en 1901 ; mais il faut le faire de façon à le laisser à la disposition de la grande culture quand elle aura besoin de ses bras. » Et le rapport de 1904 ajoute: « Le fait d'avoir, dans les colonies, un secours de bras pour la cueillette permettrait de transformer et d'indiistrialiser la culture du café, et d'en réduire les frais en dispensant d'entretenir toute l'année les travailleurs nécessaires pour la cueillette. » Ce raisonnement scella l'alliance entre les partisans de la grande et de la petite propriété.

Le gouvernement avait, depuis 1886, presque complètement suspendu les dépenses de colonisation. Vers 1886 se place en effet le dernier effort de colonisation ofllcielle. Alors furent réorganisés ou créés plusieurs centres aujourd'hui émancipés depuis longtemps : Santa Anna, Saon Bernardo, Baraon de Jundiahy, Antonio Prado, Boa Vista, etc. Ils eurent des fortunes diverses, et plusieurs se développèrent avec une extrême lenteur. A Sao Bernardo on avait entrepris de planter des vignes, le phylloxéra les détruisit. Baraon de Jundiahy, près de la ville de Jundiahy, et Ajitonio Prado, près de Ribeiraon Preto, occupaient la situation la plus favorable. Dès 1892, les colons avaient achevé d'y payer leurs lots.

Mais, de 1886 jusqu'à 1904, la colonisation est interrompue. Le mouvement ne reprend que vingt ans après, en 1905, au moment où la crise caféière atteint toute son intensité, et sous l'influence d'un des plus ardents propagandistes de la polyculture et de la petite propriété, le ministre de l'Agriculture, Carlos Botelho. En 1905, le gouvernement décide d'étendro l'ancienne colonie de Campos Salles. La même année, il fonde les centres de Nova Odessa et de Tibiriça ; au début de 1907, ceux de Nova Europa, Nova Faulice

et Gaviaon Peixoto. De môme, il impose à la compagnie fermière du chemin de fer de la Sorocabana robligalion de créer des colonies au voisinage de la ligne. La loi du 27 décembre 1906 détermine les conditions dans lesquelles se fera la colonisation, la dimension des lots, qui auront de 50 à 25 hectares, le prix des terres à déterminer pour chaque centre. Les colons devaient achever fle payer leurs lots en dix annuités. Par malheur, il n'existe plus de terres publiques, sinon dans l'extrôme ouest, hors de portée dos voies de communication et des marchés, et dans des points où la colonisation ne saurait être viable. L'éloignement des terres domaniales explique comment le gouvernement a dû acheter des terres privées pour les allotir et les mettre en vente (1).

Il est encore trop tôt pour juger du succès de ces tentatives de colonisation. On peut espérer cependant que les dépenses faites fructifieront. L'État de Saint-Paul offre en effet à des populations agricoles un marché de premier ordre : une grande ville, des bourgades nombreuses, le groupe de population le plus dense qui existe au Brésil. Le prix des produits agricoles y est plus élevé que dans tout le reste du Brésil méridional. Le bois lui-même, qui n'a pas de valeur marchande dans la plus grande partie du pays, peut au contraire à Saint-Paul fournir aux colons une ressource supplémentaire. La colonisation a sa place marquée dans l'organisme national; elle aura pour mission de nourrir la lavoure. Ne peut-on prévoir le temps où la grande culture caféière, concentrée sur les terres les plus riches, serait entourée, et comme frangée de tous côtés par une zone de petites cultures, associées à elle, vivant d'elle et la faisant vivre?

(l) Contrat avec la Compagnie Pequena Proprietade en 1905. avant la fondation de Tibirica.

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