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LA CONSTITUTION RÉPUBLICAINE

Cet état de choses, combiné avec la mentalité spéciale aux peuples jeunes et sans traditions, explique la facilité avec laquelle un petit groupe d'hommes devaient, à la première occasion, renverser le trône impérial des Bragance. Cette fois encore l'exemple venu de chez nous mit en mouvement les forces révolutionnaires.

C'est au lendemain de la chute de Napoléon III que se fondait à Rio de Janeiro le premier club républicain; en même temps deux journaux radicaux fusionnaient et se transformaient en un seul qui prit le nom de République.

On mit encore près de vingt ans à préparer l'opinion. Le complot s'organisa sans beaucoup de mystère. Don Pedro II n'était pas homme à user de la « manière forte ; » il n'avait rien du chevalier antique ; pacifiste avant la lettre et croyant à la vertu du savoir, il eût voulu, dit un publiciste brésilien distingué, faire de tous les prêtres des maîtres d'école et de tous les soldats des cultivateurs et des marchands. Honnête jusqu'au scrupule, il porta le respect des libertés constitutionnelles jusqu'à laisser ruiner son pouvoir sans essayer de le défendre. Au moment où se préparait l'assaut final, il voyageait en Europe, visitant les musées, les collections et les sociétés savantes. Ce fut la Régente, sa fille, qui signa en son absence, la loi qui abolissait définitivement l'esclavage (15 mai 1888). Cette mesure, contraire aux intérêts de la classe possédante, ne contribua pas peu à précipiter la ruine de de l'empire. J^ai dit plus haut comment les choses se passèrent le 15 et le 16 novembre 1889.

La Constitution républicaine a été calquée sur celle des Etats-Unis du Nord. Les anciennes capitaineries sont devenus des Etats confédérés sous le nom de Ré-

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publique des Etats-Unis du Brésil. Ils sont au nombre de vingt, auxquels il faut ajouter le district fédérai comprenant la ville de Rio de Janeiro avec ses alentours immédiats. D'après l'Acte constitutionnel, la capitale fédérale ne devrait pas être à Rio de Janeiro. De même que les Américains du Nord ont créé Washington pour y installer le gouvernement dans des conditions qui ne pourraient éveiller aucune susceptibilité, les constituants brésiliens ont stipulé la création d'une ville avec un territoire réservé de 14.000 kilomètres carrés, à prendre dans la partie centrale de rUnion. 11 ne paraît pas que le Congrès éprouve aucune hâte d'aller se fixer dans les déserts de Goyaz où la Constitution lui assigne sa résidence ; le provisoire qui dure depuis vingt ans a beaucoup de chance de se prolonger encoi'e. En attendant, par respect sans doute pour ce texte intangible, on s'est abstenu jusqu'ici de construire à Rio de Janeiro les palais qui doivent abriter la représentation nationale et les grands services fédéraux. La ville y perd en magnificence; mais c'est tout bénéfice pour les finances publiques.

Le Parlement fédéral comprend deux Chambres : le Sénat composé de G3 membres et la Chambre des Députés qui en compte 225. Chaque Etat nomme trois sénateurs, quelle que soit sa population, et un député par 75.000 habitants. Le président est élu pour quatre ans et non rééligible. Ses ministres ne sont point responsables devant les Chambres.

La Confédération brésilienne embrasse un énorme territoire d'environ 9 millions de kilomètres carrés, soit près de 18 fuis l'étendue de la France. Il s'est agrandi encore en ces dernières années par des rectifications de frontières que le baron de Rio-Branco, ministre des Affaires étrangères, a su obtenir à force

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