CHAPITRE VI
Rio de Janeiro. — La baie de Guanabara, — Le charme de Rio. — Transformation d'une grande ville. — L'Avenicla Central. — La lutte contre la fièvre jaune. — Population de la capitale. — Un peu de statistique. — Une ville au large. Quelques monuments. — La Santa Casa da Misericordia.
Le lundi, 3 février, au petit jour, le Magellan pénètre dans la baie de Rio de Janeiro. Depuis plusieurs heures, il a ralenti son allure, car il n'est pas permis de franchir la passe avant l'aube. J'ai pu voir tout à l'aise, dans la nuit claire, la fameuse Croix du Sud, le Cruzeiro, dont le Brésil a fait un symbole national. De Bahia on l'apercevait difficilement. A la latitude de Rio, la Croix du Sud se montre très distinctement un peu au-dessus de l'horizon, au bord de laVoie lactée. Ce sont quatre belles étoiles qui figurent une croix renversée; il faut y mettre un peu de bonne volonté, mais pas autant que pour A'oir une ourse dans un autre groupe de sept étoiles, dans l'hémisphère opposé.
Le cercle de montagnes qui entoure la baie ne laisse qu'un étroit passage vers le Sud ; on dirait d'une brèche ouverte par des géants fabuleux. Le paquebot se glisse doucement à travers des îlots rocheux de formes capricieuses et presque fantastiques dans la pénombre. A gauche, le Pao de Assucar (Pain de Sucre), cône de granit de 385 mètres de