‹ Le Brésil d'aujourd'huiChapitre 42 sur 105 · I.A SANTA CASA DA MISERICOKDIA · texte numérisé non relu

I.A SANTA CASA DA MISERICOKDIA

revenu de 437.440 milréis (environ 650.000 francs). Il s'en est suivi des embarras momentanés, mais finalement l'opération s'est liquidée en bénéfices. Le revenu de l'Institution dépasse 1.800.000 francs.

Avec ces ressources, dit le Rapport, nos cinq Bureaux de consultations ont reçu dans les douze mois qui viennent de s'écouler 225.030 malades, ce qui correspond à 26°/o de la population; nos cinq hôpitaux ont abrité 17.061 personnes; 446 ont été en traitement à l'Institut Pasteur; nos asiles, nos orphelinats et nos réfugies ont reçu 298 enfants en plus des 934 qu'ils comptaient déjà..., etc

Enfin à 3.914 infortunés qui ont fermé pour toujours leurs yeux à la lumière, sans laisser un ami pour s'occuper de leurs restes mortels, nous avons donné un dernier abri au champ du repos.

Même dans un Rapport bourré de cIiifTres, le Brésilien ne se tient pas de faire im brin de toilette à la phrase. L'honorable Provedor termine son compte rendu par de chauds remerciements à tous ses collaborateurs et spécialement « aux pieuses et infatigables filles de Saint Vincent de Paul ; » puis il ajoute :

C'est là, je l'avoue, une bien faible récompense; mais le vrai salaire, la distinction honorifique digne de leurs services sera donnée à tous par la Charité, cet aigle qui chaque jour prend son vol vers les cieux, les yeux fixés sur le soleil de l'éternité, portant aux pieds du Dieu de miséricorde, sur ses larges et puissantes ailes, les remerciements de ceux qui souffrent et qui trouvent en cette Santa Casa un soulagement à leurs souffrances.

Ceux qui administrent à Rio le patrimoine des pauvres n'ont pas encore éprouvé le besoin de laïciser les services hospitaliers. Les établissements de la Miséricorde ne sauraient évidemment suffire dans une ville aussi populeuse; elle en possède beaucoup d'autres;

on n'en compte pas moins de seize dirigés par les sœurs de Saint Vincent de Paul.

I Le grand hôpital allonge sa façade au bord de la i baie ; il a peu à peu couvert de ses bâtisses tout l'es- , pace jusqu'au pied du morro do Castello ; il a envahi i le tertre lui-même et maintenant, sans sortir de Tenclos, on arrive au sommet dans ce qui fut le collège des Jésuites. L'hôpital et l'observatoire se partagent les recoins habitables de l'antique demeure. L'aspect en est lamentable ; l'église avec son lourd clocher est déjà envahie par des végétations vigoureuses; tout jusqu'aux ruines est condamné à périr, puisqu'on prétend raser le morro lui-même, déjà entamé par l'Avenue centrale. Ce ne sera pas le travail d'un jour; mais on espère bien découvrir dans les flancs de la montagne les trésors des Jésuites ! Cest encourageant.

Rue 1" de Marco.

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