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CHAPITRE VII

Rio de Janeiro ville d'arfaires et d'élégance. — La vie intellectuelle à Rio. — La culture française. — L' « Institut historique brésilien. » — L'Académie brésilienne. — La culture scientifique. — L'aviation. — La Bibliothèque nationale. — Une lettre du Père Anchieta. — Le Musée national. — La presse périodique. — Un spécimen de critique littéraire. — M. José Verissimo et le théâtre français contemporain.

La capitale fédérale du Brésil est sans doute avant tout ime ville d'affaires, affaires commerciales plutôt qu'industrielles. Elle le doit à son port dont le mouvement lui assigne une place parmi les grands centres de commerce maritime du monde. Mais Rio est aussi une ville d'élégance. Siège du gouvernement colonial et, plus tard, résidence de la cour et de la société aristocratique dont s'entourait la monarchie, elle a o-aoné à ce contact un certain air de distinction assez rare dans les milieux où Fon se préoccupe par-dessus tout de faire de l'argent. On ne séjourne pas à Rio sans remarquer la politesse de ses habitants ; c'est un témoignage que les étrangers leur rendent volontiers en retour des égards qu'on a pour eux. Je sais aussi que les dames de Rio sont renommées pour le bon goût de leurs toilettes ; cg sont les Parisiennes de l'Amérique.

Assurément la grande cité brésilienne connaît

toutes les conquêtes du progrès matériel et tout ce qui fait l'ornement et le charme d'une civilisation avancée. Mais où en est exactement la vie intellectuelle dans cette grosse agglomération d'hommes, il serait, je pense, assez malaisé de le dire. A en juger par certains indices, elle n'aurait pas encore atteint une intensité bien remarquable. Ainsi, par exemple, le commerce de la librairie n'y paraît pas très florissant. Pourrait-on compter à Rio plus de deux à trois maisons d'édition de quelque importance? Et encore ces maisons embrassent tous les genres et toutes les branches annexes de la librairie, et avec cela je crois bien qu'elles importent plus qu'elles ne produisent.

Notre pays n'a pas à se plaindre de la part qui lui revient dans cette importation. Ce qu'on voit le plus aux vitrines des libraires de la Bua do Ouvidor, ce sont des livres français. La langue française, la science française, la culture française gardent encore ici le pas sur leurs rivales. C'est la seule position que nous n'ayons pas perdue. — « 11 y a trente ans, me dit-on, on ne trouvait dans les magasins de Rio que des articles français; aujourd'hui tout est américain ou allemand. L'Angleterre a pris possession du pays par la finance, l'Allemagne l'exploite par le commerce; la France n'importe plus guère chez nous que des idées. »

Ce serait encore un beau lot ; malheureusement ces idées ne sont pas toujours de celles dont on a lieu d'être fiers. J'ai vu, dans les librairies de Rio, de très bons livres français de droit, de médecine, d'histoire naturelle, etc., qui prouvent que la science française est en honneur au Brésil; dans les collèges même les élèves se servent de nos Manuels. Mais, d'autre part, les pires productions de certaine littéra-

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