‹ Le Brésil d'aujourd'huiChapitre 50 sur 105 · A LA MONTAGNE · texte numérisé non relu

A LA MONTAGNE

impérial, demeuré prdplHété de la coititesse d'Èû. Elles sont maintenant installées dan^ léutcôllérflô tout flartibaiit ueut et formant un quadrilatère dfe 79 mètres de façade, avec Une dOUt intérieure ericadréé de dëUx étages de galeHes à jour. C'est à la fois simple, élégatit et botUmodë. A la suite de l'clllocUtioll, toute Tassistàtlce chahtfl le Ctetlô de ribs itiëssés Solëntielles. Je dtiÏÉ à la vérité de dire t|Ue je u'ai pas ehteildu, pendant tdut irioU séjour eu Amérique, de musique religieuse ctUâfelbohhe; et je Ue SUis pas sûr d'eU avoit* ëUteiidti de rheillëurë en Europe.

Oli a bèàU être vaillant et tëUdre totis les rësfeortâ de la ^^bltiiité, oii ne vient pas de France passer ti-oié nidis d'été en pleine région tropicale saUs payer tribut aU climat. Le tribut est ditei-s suivant les contribuables; jjdsitivemëlit rulneUx pout- qUëlqUes-Uns, pour d'autrëfe il prend J)lutôt les allurës d'une vexation, et l'on pdiirtait dire, d'une brimade.

A bette catégdrie appartient certaine éruptidn cUtanëë bien connue partout où il fait trop chaud. EU Orient, oU appelle cela leë hoUrhoinllH ; aU Brésil, ort dit les cof'Sairiss, et quand on parle la langue savante, brotmjÛ^ (de htotâr, germer, potlsfeël-). C'est quelque chose pour les patients de savoir le nom de leurs boUrreaux.

La ctiirasse rouge, qui s'étend pëli à peu jUsqu'à vous Cbuvjir le corps, voUâ probUtë d'abdrd Ulle démaugeaisdh jilUs ou moins violerite, qui dégénère en véritable tortute ; on a l'impression d'être vêtu de fagdts d'épines. Surviennent ensuite d'autt-ës misères plUs désobligeantes que dangereuses. C'est de qudi se compose le tribut sous sa forme bénigUe. îieUreUx àldrs celui qUi peUt s'enfuir à la montagne I 11 eU est

de ses tribulations, comme du mal de mer, qui s'arrête au moment où l'on quitte le bateau.

Sur la fin de février, je montai donc à Nova-Friburgo. Le trajet complet ne prend pas plus de 5 heures. Pour ce pays-ci, cela représente une promenade en banlieue. On s'embarque à une extrémité de VAvenida Central, sur l'un des bateaux qui font la navette entre Rio de Janeiro et Nictheroy ; d'une ville à l'autre, la largeur de la baie ne dépasse pas 3 à 4 kilomètres. 11 n'est pas encore 7 heures du matin; durant la traversée, le Corcovado se montre avec tous ses avantages ; le recul est suffisant ; il part du niveau de l'eau et se dresse d'emblée de toute sa taille; il y a des nuages à sa ceinture, mais sa tête pointue émerge superbement. La ville de Nictheroy se laisse entrevoir sur un rivage coupé d'une multitude de petites criques. Le chemin de fer traverse d'abord une plaine ondulée, qui s'allonge entre le pied des serras et la baie. Quelques parcelles de ce riche territoire ont été conquises sur le marécage ; il y a aux alentours des villages de magnifiques cultures, mais combien de siècles faudra-t-il encore pour prendre possession effective du sol, discipliner les cours d'eau et diriger de façon profitable cette végétation extravagante?

On avance droit vers une énorme muraille qui barre l'horizon ; on laisse à gauche la partie la plus haute de la chaîne des Orgues (2200 mètres) et, à la station de Boca do mato (la Bouche du Désert), on attaque un vallon qui pénètre au cœur du massif montagneux ; la pente est trop forte pour que la locomotive puisse l'escalader par les moyens ordinaires ; il y a un troisième rail sur lequel mord une roue horizontale. Toute la vaste conque montagneuse est absolument couverte

LE « COLLEGIO ANCHIÉTA )) IGl

par la forêt épaisse, plantureuse, noire ; pas un coin dénudé ; chaque plissement de terrain a son torrent ou sa cascade; le paysage a je ne sais quoi de solennel et d'imposant. On s'élève ainsi jusqu'à 1100 mètres d'altitude; les sommets environnants atteignent do JoOO à 1600 mètres. Le col franchi, on se trouve au bord du Rio Bengala qui descend vers Nova-Friburgo.

Gomme, son nom l'indique, cette jolie petite vdle doit son origine à des émigrés suisses ; attirés par le gouvernement, ils reçurent des terres et des secours de diverse nature, sous la seule condition d'accepter la nationalité brésilienne. Ce premier essai de colonisation olïicielle date de 1818; et il eut un plein succès. Nova-Friburgo compte aujourd'hui, d'après l'annuaire, 20.000 habitants; mais, selon l'usage, ce gros chiffre représente toute la population municipale; la ville elle-même n'a pas, je pense, plus de 3000 à 4000 âmes. Elle me paraît être surtout une ville de plaisance; je n'y vois d'industrie d'aucune sorte, et les gens n'y semblent pas fort occupés. De fait, Nova- Friburgo aurait convenu, mieux peut-être que Pétropolis, comme villégiature de la capitale. On s'v sent moins enfermé, — faut-il dire moins emprisonné? Le site, aussi bien que le nom, évoque le souvenir des Alpes : une haute vallée en berceau, assez évasée pour laisser entrevoir des lointains, encadrée par la sombre verdure des bois, paisible, presque silencieuse ; volontiers on tendrait l'oreille pour écouter les clochettes des vaches dans les clairières. Nous sommes à une altitude d'environ 900 mètres ; c'est celle de la Grande-Chartreuse. A 5 heures du matin, le thermomètre marque 15° centigrades. Je ne l'avais pas vu si bas depuis mon arrivée au Brésil.

Des Jésuites italiens, aidés de quelques Français,

dirij^ent à Nova-Fiilnirj^o uu grand établissement d éducalion. Sans l'aire tort à personne, on peut dire que le collège Anchiéta jouit au Brésil dune réputation qu'aucune autre ne surpasse. Tous les Etats de la Fédération, sauf peut-être trois ou quatre, comptent parmi les élèves des enfants de leurs meilleures familles. Installé d'abord dans une ferme du roi Jean YI, il eut des débuts plus que modestes ; les bâtisses s'allong-èrent ensuite au fur et à mesure des besoins; c était toujours du provisoire. Enfin, en 1902, un homme d'initiative, le R. P. Luiz Yabar, osa entreprendre la construction de l'édifice actuel. Grande opus! Le collège s'accroche au flanc d'une montagne escarpée ; la forêt lui fait un rideau de fond idéal, rayé d'un côté par le ruban blanc d'une cascade de 50 mètres de hauteur. Mais, pour lui faire son assiette, on a dû d'abord entamer la montagne; elle a fourni le granit des fondations et des soubassements. Le collège a la forme d'un quadrilatère de 88 mètres de façade flanqué de deux annexes, dont l'une comprend la salle des fêtes, et l'autre sera la chapelle. C'est une réplique de ce malheureux collège de Boulogne-sur-Mer, dévoré, il y a deux ans, par un incendie. De vastes cours de récréation s'étagent en terrasses superposées, la première au niveau du rez-de-chaussée, une autre à la hauteur du second, une troisième, plus élevée que la toitiu'e.

Cette époque de l'année, chez nous la plus laborieuse, est dans l'hémisphère austral celle des vacances scolaires. Toutefois, elles touchent à leur fin; la rentrée est fixée par la loi, une fois pour toutes, au 5 mars; je dirai ailleurs pourquoi les établissements libres se trouvent eux-mêmes assujettis à cette près-

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