‹ Le Brésil d'aujourd'huiChapitre 53 sur 105 · LES PALMIERS DU UBÉSIL · texte numérisé non relu

LES PALMIERS DU UBÉSIL

en deux énormes tomes in-folio, luxueusement édité et portant la date de 1903. Il fait honneur au gouvernement brésilien qui en a libéralement supporté les frais. Le texte est en latin, selon l'usage des botanistes ; mais il est précédé d'vine longue introduction en français; le savant auteur y chante avec un véritable enthousiasme la gloire des palmiers,

... des sveltes palmiers, qui sans aucun appui, s'élèvent comme les rois des champs et des forêts. Ils n'ont ni la grosse taille, ni la force des géquylihas, les g^éants de la forêt vierge, mais ils ont la distinction de la race, l'aristocratie de la beauté, la puissance de l'utilité Il n'y a

aucune famille végétale qui rende à l'homme autant de

services, sans renfermer aucune matière toxique Le

prince de Neuwied l'a très bien dit : La famille des palmiers est un des plus beaux présents que la Providence ait fait aux régions équatoriales.

Or, le Brésil est le « royaume des palmiers » :

... Le nombre des palmiers connus dans toutes les parties du monde s'élevait en 1883 à environ 1100; mais aujourd'hui on en connaît beaucoup plus, dont un tiers au moins sont originaires du Brésil. En effet, plus de 400 espèces brésiliennes sont déjà décrites et classées dans 42 genres, comme l'indique la table insérée dans cet ouvrage.

M. Barbosa Rodriguez raconte ensuite comment, après avoir consacré une partie de sa vie à l'étude des orchidées brésiliennes, dont plus de 600 espèces ont été décrites par lui dans la Flora brasilensis, il entreprit, vers 1872, sous l'inspiration de la comtesse d'Eu, des recherches analogues sur les palmiers brésiliens. Le dernier chapitre de l'Introduction a pour titre : Usages et emplois des palmiers du Brésil. On y voit qu'ils servent à tout, qu'ils donnent à l'indigène du Sertao le vivre, le couvert et beaucoup d'autres choses :

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le vin, riiuile, le vinaigre, le sel, l'eau-de-vie, la couverture des maisons, des chapeaux, des éventails, des nattes, des voiles, des cordages, des pirogues, des aliments variés, des médicaments, des boissons fraîches ou fermentées. On aurait plus vite fait de dire ce qu'ils ne donnent pas.

Et, par surcroît, les palmiers donnent encore la jouissance esthétique, et ce n'est pas la moindre de leurs utilités. Nombreuses sont les espèces qui servent à l'ornement des jardins; la taille, le port, l'aspect diffèrent de l'une à l'autre, mais pas une qui n'ait la grâce, l'élégance, et comme dit l'auteur du Palmarium la distinction aristocratique. Entre toutes cependant il faut mentionner le palmier royal, Palma real. L'épithète qu'il porte au Brésil lui vient-elle de ce que le premier spécimen de l'espèce y fut planté par une main royale, ou bien lui fut-elle attribuée à raison de son air majestueux, c'est un point que je n'ai pu éclaircir, et qui, d'ailleurs, importe peu. Le fait est que le souvenir du roi Jean VI est associé à l'existence au Brésil de la plus magnifique espèce de palmiers. Voici ce que racontaient à ce sujet, au mois de juin dernier, les journaux de Rio de Janeiro. C'était à l'occasion du centenaire de la création du Jardin Botanique.

Un officier brésilien, dont ils donnaient le nom, aurait rapporté en 1808, de l'Ile de France, où il avait été prisonnier, un petit oreodoxa, et en aurait fait hommage au Prince Régent qui le planta dans le Jardin Royal, commencé cette année même. C'est l'histoire du cèdre du Jardin des Plantes, cueilli au Liban par Bernard de Jussieu. On représente le naturaliste portant dans son chapeau le petit arbuste, qui depuis — Ainsi en fut-il du palmier de Jean VI. Il existe encore aujourd'hui; c'est la merveille du Jardim Bota-

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