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LA QUESTION RELIGIEUSE

la franc-maçonnerie, qui commencèrent contre la religion une campagne de dénigrement et de violences. Mais où l'affaire prend une couleur tout à fait brésilienne, c'est lorsque, pour la fête de saint Pierre, 29 juin, la principale Loge de Pernambouc fait annoncer une messe en mémoire de sa fondation; elle devait être célébrée dans l'église même du prince des apôtres, et toute la franc-maçonnerie de la ville et de la région y était conviée. Sans faire d'éclat, l'évêque interdit au clergé de se prêter à cette manifestation ; la messe n'eut pas lieu; tout au contraire des prières publiques furent célébrées en expiation des outrages lancés contre la sainte Vierge par les feuilles maçonniques. La fureur des Frères ne connut dès lors plus de bornes. Ils firent savoir qu'ils étaient en nombre dans les Confréries et les Bureaux chargés de l'administration des églises. Les journaux donnèrent les noms. On apprit ainsi que les Vénérables des Loges étaient en même temps présidents à'Irmandades. La francmaçonnerie comptait 45 membres parmi les confrères de la Santa Casa da Misericordia; sur ses 10 mordomos, il y avait 7 franc-maçons. (On appelle mordomos, majordomes, les confrères chargés de diriger les différents services de la Miséricorde.) Ils étaient 8 sur 9 dans le Bureau administratif de la Confrérie du

Saint-Sacrement, etc i

C'était un défi à l'autorité épiscopale. Dom Vital y répondit en invitant les francs-maçons à choisir entre la Confrérie ou la Loge; il fallait quitter l'une ou l'autre. Aucun d'eux n'obéit. L'évêque alors mit les confréries en demeure d'expulser les francs-maçons connus comme tels, et sur leur refus, il lança l'interdit sur leurs églises et chapelles. C'était dans les premiers jours de 1873.

L'évêque d'Olinda s'était empressé de saisir de l'affaire la curie romaine. La réponse de Pie IX porte la date du 29 mars. Par la Bulle Quanquani doloirs, le pape approuve la conduite de l'évêque, accorde aux Irancs-maçons un délai d'un an, passé lequel l'évêque aura pleins pouvoirs pour user de rigueur; la maçonnerie, au Brésil comme ailleurs, tombe sous le coup de l'excommunication; les innandades existantes seront dissoutes et l'évêque en créera d'autres. Enfin cette direction doit être communiquée à tout l'épiscopat brésilien.

De leur côté, les maçons en appelaient au gouvernement et déclaraient qu'ils ne reconnaissaient pas d'autre souverain que l'empereur. Les esprits s'échauffaient; on n'attendait qu'une occasion pour se porter à des excès. Elle ne tarda pas à se présenter. Le 10 mai, l'évêque frappait de suspense un prêtre qui faisait ouvertement adhésion à la secte. Trois jours après, s'organisait une manifestation pour féliciter le malheureux. Les discours violents se succédèrent. Il y avait à Pernambouc un collège de Jésuites; conformément à l'usage traditionnel en pareil cas, sur un mot d'ordre jeté par les meneurs, la populace se rua contre le collège ; tout fut brisé et saccagé ; les religieux furent maltraités et plusieurs blessés grièvement ; l'un d'eux déjà malade mourut dans la nuit; l'église elle-même ne fut point épargnée ; le Saint-Sacrement ne fut sauvé de la profanation que par le courage de quelques femmes qui entourèrent l'autel et arrêtèrent les forcenés. La bande se rendit ensuite aux bureaux du journal catholique où elle recommença les mêmes exploits ; le portrait du Pape Pie IX que l'on y trouva fut porté dans la rue, insulté et enfin livré aux flammes.

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