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CONFRÉRIES ET FRANC-MAÇONNERIE

dropisie de nos fêtes, dit le Père Julio Maria, couvre mal ranémie de notre foi. »

La source du mal est dans l'ig-norance religieuse; l'enseignement de la doctrine manque pour des raisons diverses ; les générations grandissent en dehors des pratiques fondamentales de la religion, se contentant de prendre part à des manifestations dont le sens leur échappe. Voilà ce que j'entends dire par ceux qui savent et qui n'ont pas de raisons de dissimuler la vérité.

Quant aux sphères plus élevées, « aux classes dirigeantes, » comme les appelle encore le P. Julio-Maria, elles ont été, à partir de la période impériale, pénétrées dans leur ensemble de l'esprit rationaliste et antichrétien. L'enseignement des collèges et des universités a été donné, comme il l'est encore, en dehors de toute idée religieuse. Le Brésil possède présentement sa bourgeoisie libre penseuse, avocats, médecins, professeurs, gens de commerce, d'industrie ou de finance, alt'ectant vis-à-vis de l'Eglise une attitude indifférente et dédaigneuse, quand elle n'est pas violemment hostile. Mais je m'empresse de dire que, si telle est malheureusement la règle, elle admet des exceptions. J'ai rencontré partout au Brésil des hommes très intelligents et très cultivés, occupant de fort bons rangs sur l'échelle sociale, et en même temps fervents et admirables catholiques.

Une institution originale et caractéristique du Brésil, c'est ce qu'on appelle les Irmandades ou confréries ; quelques-unes se rattachent même aux grands ordres religieux sous le nom de Tiers-Ordres. Nous les avons déjà rencontrées sur notre route. Fondées dans un but pieux et charitable, un trop grand nombre

de ces associations se sont laissé pénétrer d'un mauvais levain et sont devenues pour l'Eglise une plaie et un danger. Dans son Mémoire à l'archevêque de Buenos-Aires, le vaillant évêque d'Olinda ne craignait pas décrire ce qui suit :

Dans mon niallicureux pays, les Irmandades sont remplies de maçons déclarés, d'ennemis furieux de l'Eglise, de gens qui se tiennent éloignés des sacrements, embarrassent l'administration, et, au lieu du bon exemple, sont un sujet de scandale Dans l'état où elles se trouvent présentement au Brésil, les confréries sont un véritable chancre..,, un membre gangrené et pourri, qui a résisté à toutes les interventions de la médecine, et qui, si on ne l'ampute, menace de communiquer l'infection à tout le corps —

Et après avoir cité ces fortes paroles, le Père Julio- Maria ajoute :

Voilà ce qu'écrivait, il y a 2i ans, en 1875, Dom Vital à propos des Irmandades. Depuis lors, l'épiscopat n'a pas osé en tenter la réforme. Elles continuent à vivre maçonnisées et souveraines, tellement souveraines dans l'Eglise du Bi'ésil, que Ton pourrait citer des confiseries qui gouvernent les paroisses, ordonnent les cérémonies, et se font livrer parles cui-és, pour les leur remettre quand elles le jugeront à propos, les clés même du tabernacle. (Livra do Centenario, t. I, p. 102.)

Les Irmandades sont en effet propriétaires de leurs églises, qui sont fort nombreuses ; ailleurs elles en ont seulement l'administration. Alais de façon ou d'autre elles gardent la haute main sur tout ce qui s'y passe. Tous les jours on peut lire dans les feuilles publiques des annonces religieuses, des programmes de solennités, des invitations ou convocations, invariablement signées par le secrétaire de la mesa (Bureau), ou par la mesa elle-même de quelque Pieuse Irmandade ou

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