‹ Le Brésil d'aujourd'huiChapitre 67 sur 105 · SIGNES DU TEMPS · texte numérisé non relu

SIGNES DU TEMPS

trie, de négoce et de finances, des hommes d'Etat, etc. J'ai été, je l'avoue, quelque peu étonné de la vigueur et de la liberté apostolique avec laquelle l'orateur disait leur fait à chacune de ces catégories de pécheurs.

Une autre manifestation du réveil religieux, c'est le deuxième Congrès catholique général tenu au mois de juin à Rio de Janeiro. Le premier avait eu lieu à Bahia, en 1900, l'année du centenaire. On s'était proposé de suivre, autant que le comportait l'immensité du pays, l'exemple des catholiques allemands; il y aurait des congrès annuels dans chaque Etat, et un congrès général tous les deux ans. Ge programme un peu trop ambitieux n'a pu se réaliser; mais enfin, après huit ans, les catholiques brésiliens se sont réunis en Assemblée plénière, sous la conduite de plusievirs de leurs évêques et la haute présidence de leur cardinal. Il ne saurait être question de résumer ici les travaux du Congrès; ils s'étendent à tous les intérêts et à tous les besoins de la religion catholique au Brésil. Il me semble cependant qu'une double préoccupation domine toutes les autres. Le président, M. Ignacio Tosta, la laissait clairement transparaître dès le début. Voici ses propres paroles :

Les signes du temps indiquent qu'un orage (littéralement quelque chose d'orageux) se prépare à tomber sur la société brésihenne.

... Une guerre sourde a été menée contre « le prêtre étranger, » sous prétexte qu'il fait tort au clergé national, dont l'insufTisance est pourtant si évidente ; cette guerre est maintenant annoncée ouvertement par les clairons anonymes de la presse. Les porte-drapeaux de la persécution guettent le moment propice pour arborer devant le Parlement les projets d'ostracisme copiés sur ceux de Combes et de Clemenceau, et qui, jusqu'ici, dormaient oubliés dans les cartons.

Déjà dans les établissements publics, depuis les bancs

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de l'école primaire jusque clans les amphithéâtres et les laboratoires des cours supérieurs, la jeunesse respire un air vicié d'erreurs, saturé de doctrines perverses, empoisonné de haine contre la religion et son divin fondateur. Or, dans les régions officielles, on song-e à une réforme des lois sur l'enseignement (réforme qui aurait pour objet de supprimer la liberté d'enseignement ou de la rendre illusoire). La presse sectaire donne clairement à entendre que, même dans les collèges libres, tout enseig'nement religieux doit être interdit. Tels sont les signes du temps. Que personne ne s'y trompe ! A moins de concentrer toutes nos forces, la résistance ne sera guère possible.

Comme la tactique est bien partout la même! D'abord se débarrasser des ordres religieux. Ils font tort au clergé séculier; ce sont des étrangers, dit-on au Brésil ; M. Combes les appelait des Romains. Puis, monopoliser l'enseignement et le laïciser, jusqu'à l'athéisme inclusivement. L'identité de programme et de méthode prouve que c'est bien le même adversaire que l'Eglise voit se dresser devant elle, dans le Nouveau-Monde et dans l'ancien. Puissent les catholiques brésiliens être plus heureux dans leur défense que nous ne lavons été nous-mêmes!

RIO DE J ANEI RO Le Coi'covailo. liuf Sao Clémente.

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