‹ Le Brésil d'aujourd'huiChapitre 72 sur 105 · Il Bran il e gli Ilaliani · texte numérisé non relu

Il Bran il e gli Ilaliani

l'émigration européenne 235

ferme pas moins de 400 pages consacrées à l'œuvre qu'ils j ont accomplie. Ce sont des ouvriers italiens qui cultivent le café dans les fazendas de l'intérieur ; dans toutes les villes, la colonie italienne a son organisation et presque son autonomie ; dans la capitale même, si l'on en jugeait par les chiffres des entrées à l'hôpital, il faudrait dire que les Italiens dépassent en nombre les nationaux eux-mêmes ; évidemment c'est un indice trompeur. Mais ils ne se font pas faute de dire que Saint-Paul est une ville italienne. Au surplus , voici comment s'expriment les auteurs de Il Brasil :

Parmi nos concitoyens, bien que la masse ne soit pas riche, se rencontrent des fortunes colossales ; il y a des princes de la haute banque, du haut commerce, de la haute industrie, et nous pouvons affirmer que ce sont des dizaines de millions qui partent chaque année de Saint-Paul pour l'Italie.

Nos associations se comptent par centaines. Quatre journaux quotidiens, imprimés en italien, voient le jour à Saint- Paul, outre une pléiade d'hebdomadaires. Notre race, notre culture, notre travail ont exercé une telle influence dans l'Etat de Saint-Paul que son histoire ne pourra être qu'un peu notre histoire.

Un détail, en soi bien insignifiant, mais où se révèle la prépotence de l'élément italien à Saint-Paul. Non loin de la maison où je reçus l'hospitalité se trouve la rue Aniia Garibaldi, ainsi appelée en l'honneur de la femme du fameux aventurier, née dans l'Etat de Santa-Gatarina, où, d'après II Brasil, u il écrivit une des plus splendides pages de ses gestes héroïques. »

Nous autres Français, nous ne comptons guère que quelques milliers de nos compatriotes épars à travers cet immense pays. Jusqu'à ces derniers temps, l'émigration au Brésil nous était même officiellement in-

terdite. C'est M. de Meaux, alors ministre des Affaires étrangères, qui en 1875 avait cru devoir prendre cette mesure. Il avait bien ses raisons pour cela. Les propriétaires de fazendas auxquels les émigrants pauvres allaient demander du travail, oubliaient trop souvent que les ouvriers n'étaient pas des es claves ; il y a dans cette histoire d'un temps peu éloigné des pages qui ne sont pas splendides. Les Italiens le savent aussi bien que nous. Il Brasil s'en explique avec quelque embarras. Mais n'insistons pas, les affaires se sont arrangées. Depuis la visite de M. Paul Doumer, le Brésil est pour nous une autre Républiquesœur; nous lui prêtons des millions sans compter et, à la date du (> juin 1908, les journaux de Saint-Paul annonçaient le retrait de la « circulaire de Meaux, » très désobligeante pour le pays qu'elle visait, mais qui, en fait, n'avait pas empêché les Finançais d'aller au Brésil, quand ils en avaient envie.

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